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Amara Kourouma: ‘’ Aujourd’hui il est important que les IMF puissent facturer leur service’’

Depuis le début de l’année, Le Crédit Rural de Guinée est dirigée par un nouveau directeur général. Nous l’avons rencontré pour un entretien à bâtons rompus.

Le choix du Conseil d’administration a été porté sur Amara Kourouma. Il a pour  mission: de contribuer au renforcement des acquis qui s’étalent sur 30 (trente) ans d’activité et accélérer le rythme de croissance de l’institution.

Comment se porte le CRG après ces années de redressement suite à l’épidémie d’Ebola ?

Nous avons renoué avec des résultats d’exploitation positifs depuis 2017. En 2018, le CRG a réalisé un bénéfice d’environ 2 milliards de francs guinéens. Il faut cependant souligner que les bénéfices obtenus ne sont pas encore suffisants pour effacer tous les effets négatifs des exercices difficiles antérieurs, au cours de la période évoquée plus haut. Néanmoins, l’élan amorcé est encourageant et nous estimons que c’est une bonne dynamique pour amorcer la véritable croissance que nous projetons. Nous y travaillons.

Quelles sont les priorités de la direction générale du CRG ? 

A court terme, nos priorités sont  de renforcer la discipline dans le réseau et instaurer une véritable culture d’entreprise. N’oubliez pas que nous sommes au service des populations, de nos adhérents et des actionnaires de l’institution. Nous travaillerons aussi à mieux faire connaitre le CRG,  ses activités et son apport indéniable dans développement socioéconomique de notre pays.

Le CRG est l’une des  institutions de micro finance leader en Guinée. Comment comptez-vous confirmer voire renforcer votre place dans le secteur ?

Le CRG a une stratégie pour atteindre ses objectifs. Nous nous renforcerons en étant plus à l’écoute des populations pour comprendre leurs attentes et leur proposer des services plus adaptés à leurs besoins et  préoccupations. Parallèlement, nous essayerons d’améliorer nos prestations et chercher davantage à nous adapter aux exigences du marché.

Le taux d’intérêt constitue un frein à l’épanouissement des institutions comme le CRG. Qu’en pensez-vous ?


C’est vrai que la question du taux d’intérêt est la principale critique qu’on nous oppose, mais tout a une explication rationnelle et logique. Les études faites autour cette question précise le prouvent. D’abord il faut savoir qu’à un premier niveau, les taux d’intérêts sont fixés par les banques qui sont-elles mêmes contrôlées par la Banque Centrale (BCRG). Les Institutions de Micro finance (IMF), qui accordent plus de facilités à leurs clients et qui prennent beaucoup plus de risques, puisent leurs fonds à ce niveau. A partir de là, il est important de tenir compte de tous les paramètres ; de la couverture de leurs frais généraux ; des pertes sur créances irrécouvrables, de l’inflation etc.  Au CRG, avant même de financer quelque activité que ce soit, nous faisons une étude rentabilité avec le client. Nous analysons avec lui la pertinence de prendre ou de pas prendre un crédit. La quasi-totalité de nos clients (plus de 96 à 98 %) parviennent non seulement à rembourser leur crédit mais également à refinancer leurs propres activités. Ils deviennent même à terme des employeurs. Comme vous pouvez le constater, cela a un effet indéniable sur le développement socio-économique du pays.

Croyez-vous que des efforts peuvent être faits  sur ce le taux d’intérêt ou sur un autre ?

Aujourd’hui il est important que les IMF puissent facturer leur service au juste prix mais tout doit se faire dans un cadre juste et pragmatique. Cela leur permettra de garantir leurs activités et de continuer à offrir leurs services aux populations. La concurrence devrait leur permettre de réguler les taux d’intérêt. Bonifier les taux pour les plus démunis peut être une solution conjoncturelle et pour des besoins précis, mais ce n’est pas une solution pérenne selon des études sérieuses en la matière.

Qu’est-ce que la micro finance pourrait apporter au renforcement des petites et moyennes entreprises en Guinée ?

Aux PME, les IMF apportent des appuis pour les fonds de roulement et souvent même pour leur démarrage quand les montants des prêts souhaités ne sont pas exagérés. Pour le moment, nous n’avons pas vocation à financer des gros investissements demandant des ressources à long terme sachant que les ressources à notre disposition sont de court terme constituées essentiellement de l’épargne des associés et clients. Néanmoins, dans le cadre de programmes spécifiques encadrés par des partenaires crédibles, nous avons des mécanismes d’intervention appropriés et négociables. Nous restons ouverts aux discussions dans ce sens avec les partenaires étatiques, paraétatiques ou privés.

Le CRG s’est également positionné dans le secteur du transfert de fonds. Concrètement comment cela se passe pour votre institution financière ?

Comme toutes les autres sociétés de transfert d’argent nous assurons l’envoi et la réception de fonds à travers tout le pays. En plus, nous assurons au compte de plusieurs institutions les paiements de masses ainsi que la remontée de pièces justificatives. Nous assurons également les remontées de fonds surtout de gros volume à la BCRG pour les mêmes institutions et pour tout autre opérateur économique évoluant sur le terrain.

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