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Argentine: Kirchner devant la justice peu avant son accession à la vice-présidence

Huit jours avant d’accéder à la vice-présidence de l’Argentine, Cristina Kirchner comparaît lundi devant la justice pour corruption présumée, ce qui vise selon elle à « détruire les leaders populaires et démocratiques ».

L’ancienne présidente (2007-2015) âgée de 66 ans, est mise en examen dans plusieurs affaires en cours d’instruction pour blanchiment, enrichissement personnel, détournements de fonds ou pour avoir reçu des pots de vin. Nombre de ses ex-ministres ont été placés en détention préventive dans ces différents dossiers.

Vêtue d’une veste blanche, elle est arrivée vers 09h30 locales (12H30 GMT) sans faire de déclaration. Ses avocats ont demandé sans succès que les débats soient retransmis en direct à la télévision.

Une poignée de sympathisants de l’ex-présidente attendaient devant les portes du tribunal avec une pancarte où l’on pouvait lire « On t’embrasse jusqu’à ton retour. Merci Cristina ».

Co-listière d’Alberto Fernandez qui a remporté la présidentielle en octobre, Mme Kirchner doit prendre ses fonctions de vice-présidente le 10 décembre.

« En Argentine, comme dans le reste de l’Amérique latine, l’articulation entre les médias de communication hégémoniques et l’appareil judiciaire, afin de diaboliser et détruire les leaders des gouvernements populaires et démocratiques, est devenu un plan systématique », a écrit sur Twitter l’ex-présidente peu avant l’audience.

Dans cette affaire, Mme Kirchner est jugée pour l’attribution frauduleuse, pendant sa présidence, de marchés publics dans son fief de la province de Santa Cruz, en Patagonie, au bénéfice de l’homme d’affaires Lazaro Baez, dont les entreprises remportaient la plupart des appels d’offres.

Cette province sous-peuplée qui s’étend des Andes à l’Atlantique a concentré un niveau inhabituel de chantiers publics durant les années Kirchner, sur-facturés et souvent non terminés, relève l’acte d’accusation.

Mme Kirchner, mise en examen dans huit dossiers de corruption, est protégée par son immunité parlementaire de sénatrice. Une fois vice-présidente, et donc également présidente du Sénat, son immunité ne pourra lui être retirée qu’au terme d’une procédure devant le Parlement.

« CFK », comme on la surnomme en Argentine par ses initiales, avait succédé à son mari Nestor Kirchner, président de 2003 à 2007. Il est décédé d’une crise cardiaque en 2010.


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