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Attentat de Kaboul : dans leurs écoles, des enfants choqués en quête de leurs affaires

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Des enfants fouillent dans les décombres de leur salle de classe, en quête de leurs livres et de leurs sacs à dos. Plusieurs écoles ont été touchées lundi à Kaboul par un attentat taliban, qui a blessé des dizaines d’entre eux.

L’explosion d’une voiture piégée conduite par un kamikaze, suivie d’une longue fusillade, visait un bâtiment du ministère de la Défense, selon les insurgés qui ont revendiqué l’attaque. Mais de nombreuses constructions alentour ont également souffert. Parmi elles, une mosquée, une chaîne de télévision et cinq écoles.

« C’est un désastre », déplore Ahmad Seyar, un riverain, selon qui les écoles de la zone ont été « gravement » touchées.

Au moins six personnes ont été tuées, dont un enfant et deux soldats des forces spéciales, selon le ministère de l’Intérieur. L’attentat a blessé des dizaines de personnes, dont 50 enfants, la plupart atteints par des éclats de verre.

Dans une école privée de ce quartier du centre-ville habité principalement par des familles de la classe moyenne, les enfants ont été autorisés à revenir mardi pour essayer de récupérer leurs affaires.

Un écolier, sac bleu poussiéreux au dos, un cahier à la main, enjambe un tas de briques. Certains de ses camarades de classe ont été blessés, dit-il, visiblement encore choqué.

Dans le laboratoire de sciences de l’école, un squelette en plastique, utilisé pour apprendre l’anatomie, gît encore sur une table constellée de morceaux de verre.

– Agression « barbare » –

Toutes les fenêtres de l’école ont été soufflées par la force de la déflagration. Une adolescente montre ses bras égratignés par des éclats et badigeonnés d’une solution bleue.

« Les corps plus petits des enfants subissent des blessures plus graves que les adultes » et le traumatisme de ces attaques peut durer des années, s’est indignée l’ONG Save the children lundi dans un communiqué.

« L’explosion était énorme », témoigne Atiqullah, qui habite un immeuble voisin dont toutes les fenêtres ont été brisées.

« Deux membres de ma famille ont été légèrement blessés. Notre maison est très endommagée », a-t-il dit à l’AFP.

Un autre habitant du quartier, Hamidullah, a raconté que « la poussière, la saleté, le sang et les corps humains étaient partout ».

Kaboul a connu une accalmie de la violence au cours de l’hiver. Ces derniers mois, la capitale a toutefois connu une série d’attaques, dont celle contre une ONG américaine en mai.

La mission de l’ONU en Afghanistan (Manua) a dénoncé le « mépris irraisonné » de cet attentat pour la vie des civils. Son chef Tadamichi Yamamoto s’est dit « profondément attristé ».

Les États-Unis et les talibans mènent depuis des mois des pourparlers de paix pour tenter de parvenir à un accord qui mettrait fin à la guerre. Mais la violence continue parallèlement dans tout l’Afghanistan.

« L’agression aveugle de lundi, qui a causé des blessures aux enfants à l’école, était particulièrement barbare », a déclaré le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. « C’est un rappel brutal des enjeux du processus de paix ».


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