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Boudé par Sanchez, Guaido appelle ses partisans à « rester debout »

L’opposant vénézuélien Juan Guaido a demandé samedi à des milliers de partisans de « rester debout face à la dictature » de Nicolas Maduro lors d’une visite à Madrid où il n’a pas été reçu par le chef du gouvernement Pedro Sanchez.

« Je vous demande de ne jamais vous agenouiller face à personne, que nous restions debout le temps qu’il sera nécessaire » face à la « dictature » au Venezuela, a-t-il dit sur la célèbre place de la Puerta del sol. « Vive le Venezuela libre », a-t-il crié alors que ses partisans brandissaient des drapeaux du pays sud-américain.

Reconnu comme président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont l’Espagne, Juan Guaido a effectué cette semaine une tournée en Europe afin de recueillir des soutiens dans son combat contre le président vénézuélien Nicolas Maduro.

Mais le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez, qui avait été l’un des premiers à le reconnaître en février 2019, a suscité une vive controverse en ne le recevant pas samedi, contrairement au premier ministre britannique Boris Johnson ou au président français Emmanuel Macron.

L’opposant vénézuélien a été seulement reçu par la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez qui lui a réaffirmé le « soutien total du gouvernement espagnol ».

Cette décision a valu à M. Sanchez les critiques acerbes de l’opposition de droite espagnole à la tête de la mairie et de la région de Madrid qui ont reçu samedi M. Guaido avec les honneurs d’un chef d’Etat.

« C’est une crise complexe, qui exige le dialogue (…) La position du gouvernement espagnol a toujours été d’incarner, à travers les institutions européennes, une réponse passant par le dialogue » entre l’opposition et le régime de Nicolas Maduro, s’est défendu M. Sanchez au cours d’une visite dans des zones touchées par la tempête Gloria qui a fait douze morts.

« Nous sommes un gouvernement qui a toujours soutenu l’opposition vénézuélienne et ce que nous voulons, c’est que des élections soient rapidement organisées au Venezuela », a ajouté le socialiste, rappelant que l’opposant Leopoldo Lopez était réfugié au sein de la résidence de l’ambassadeur d’Espagne à Caracas.

Proche de M. Sanchez, le ministre des Transports Jose Luis Abalos a défendu samedi dans le quotidien La Razon la recherche d’une « solution démocratique équilibrée » au Venezuela qui exige de l’Espagne d’éviter toute « position belligérante » à l’égard du régime de Nicolas Maduro.

M. Guaido a tenté de calmer le jeu en assurant devant la presse qu’il espérait pouvoir recevoir M. Sanchez à Caracas « dans les prochains mois (…) une fois que nous aurons retrouvé la démocratie au Venezuela ».

La droite soupçonne M. Sanchez d’avoir changé son fusil d’épaule à cause de l’entrée dans son gouvernement de Podemos, la gauche radicale, dont le chef Pablo Iglesias a été longtemps proche du régime vénézuélien.

La controverse autour du Venezuela s’est amplifiée lorsque le ministre des Transports a reconnu avoir parlé lundi à l’aéroport de Madrid à Mme Delcy Rodriguez, numéro deux du gouvernement de Nicolas Maduro, pourtant interdite d’entrée dans l’Union européenne.

M. Abalos a cherché à « éviter une crise diplomatique et a réussi », a assuré Pedro Sanchez, faisant part de son « appui » total à son ministre et homme de confiance dont la droite exige la démission.


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