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Cameroun : le 4e recensement de la population dans l’impasse

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Les opérations de dénombrement principal dans le cadre du quatrième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) du Cameroun, annoncées depuis bientôt 2 ans, n’ont toujours pas démarré sur le terrain, a constaté APA.Selon des sources proches du ministère de l’Économie, du Plan et de l’Aménagement du territoire (Minepat), ce retard dans le chronogramme est la conséquence de l’insécurité qui règne dans la partie septentrionale du Cameroun, consécutive aux assauts de la secte islamiste Boko Haram, mais également dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où de violentes revendications sécessionnistes ont cours depuis octobre 2016. 

 En début mars dernier, la 24e session du comité de suivi des activités du 4e RGPH, placée sous les auspices du Minepat, avait eu à constater que l’exécution du dénombrement principal se heurtait à des contraintes liées au déblocage des ressources financières nécessaires, soit environ 15 milliards FCFA, et à la situation sécuritaire prévalant en zone séparatiste.

 À en croire son directeur général, Bernadette Mbarga, « le Bucrep est techniquement prêt » après avoir mené toutes les activités préparatoires, arrêté le nombre de zones de dénombrement et acquis plus de 33.000 Smartphones déjà paramétrés et équipés d’applications avec cartes embarquées.

 L’organisme, désormais doté d’un répertoire national des localités et ayant finalisé le document des infrastructures communautaires, avait également lancé le processus de recrutement des agents recenseurs depuis une année.

 Toujours est-il que, selon le président du comité de suivi, Jean Tchoffo, par ailleurs secrétaire général du Minepat, les pouvoirs publics s’emploient à « tout mettre en œuvre pour mobiliser les ressources nécessaires à l’exécution du dénombrement principal avant fin 2019».

 En septembre 2015, rappelle-t-on, l’opération de mise à jour de la base cartographique, dans la perspective du 4ème recensement, avait déjà été stoppée à cause de la menace Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

 Au terme de la phase de renforcement de ses capacités institutionnelles et des capacités techniques de ses cadres, en 2014, le Bucrep avait en effet prévu, au cours du second semestre de l‘année en cours, d’engager l’un des tournants les plus importants de ladite opération consistant à exploiter et à interpréter des images satellitaires et/ou des photographies aériennes. Cela servirait en effet de base pour la pré-identification des entités géographiques ainsi que le pré-découpage des limites des zones de dénombrement, permettant notamment l’allègement du travail sur le terrain.

Financé par le gouvernement avec l’appui des partenaires au développement, le 4ème RGPH ambitionne de dresser l’état, la structure, la distribution spatiale et l’évolution de la population dans le temps.

 Le chronogramme officiel prévoit, après les travaux préparatoires, le recensement pilote, la cartographie censitaire, le dénombrement principal, l’enquête post-censitaire, l’exploitation des questionnaires, l’analyse des données, la publication et la dissémination des résultats, la sensibilisation ainsi que la coordination technique et administrative.

 Le Cameroun est passé d’une population estimée 24,348 millions d’habitants en 2019 contre 22,179 millions en 2015, selon les statistiques du Bucrep. Une décennie plus tôt, elle était de 10,493 millions en 1987 et 7,663 en 1976.

 


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