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Dix ans après, le Chili a pansé ses plaies du terrible séisme de 2010

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Du passage des trois vagues qui avaient rasé à 75% le village côtier de Dichato, il n’y a plus aucune trace: dix ans après le puissant séisme du 27 février 2010 qui avait fait 525 morts dans la région centre-sud du Chili, la reconstruction est désormais achevée.

« Dichato était un symbole de destruction, nous sommes désormais un symbole de la reconstruction », se félicite Maria Angélica Torres, à la tête d’une association d’habitants et propriétaire d’un restaurant sur le tout nouveau front de mer qui fait face au Pacifique.

Située à une trentaine de kilomètres de Concepcion (sud), la capitale de la région de Biobio, épicentre du séisme, la station balnéaire a retrouvé sa vie d’avant, attirant les touristes sur sa promenade côtière totalement réhabilitée.

Près de 3.000 habitants ont été relogés et des parcours d’évacuation, dûment signalés, ont été créés. Des ouvrages pour l’évacuation de l’eau ont été construits et des arbres plantés pour freiner la puissance de la vague, en cas de nouvelle catastrophe.

« Dichato a été reconstruit à 100% », explique Ivan Carter, professeur d’urbanisme à l’Université de Biobio (centre), qui souligne que la participation des habitants a été cruciale dans le projet de reconstruction.

Le Chili est un des pays les plus sismiques au monde, situé sur la « ceinture de feu » du Pacifique, une zone à forte activité tellurique. Avec une magnitude de 8,8, le séisme de 2010 a été le deuxième plus puissant de l’histoire du Chili, après celui de 1960 qui avait atteint une magnitude de 9,6.

La tragédie avait coûté la vie à 525 personnes, dont une centaine tuées par le tsunami qui avait suivi le séisme. Il avait causé 30 milliards de dollars de dégâts matériels.

Plus de 220.000 logements avaient été détruits, 3.700 établissements scolaires mis hors service, une quinzaine d’hôpitaux étaient devenus inutilisables et 1.550 km de routes ont été à refaire, essentiellement dans le centre et le sud du pays.

– Tissu social –

A Caleta Tumbes, un village de pêcheurs, situé à proximité de l’épicentre et également dévasté par le tsunami, les maisons ont été reconstruites sur la colline, à distance de la mer.

« Nous sommes en sécurité, la maison est jolie, mais nous regrettons notre crique », raconte à l’AFP Luisa Araya, laissant entrevoir la difficile équation de la reconstruction : protéger la vie des habitants, mais aussi reconstruire le tissu social, également mis en miettes par le séisme.

« Le bruit de la mer me manque… les gens aussi », raconte Luisa, dans sa nouvelle maison qu’elle partage avec son mari et son père. Quelque 200 familles ont été relogées dans le nouveau village, situé à dix minutes à pied de l’océan.

En bord de mer, une vingtaine de restaurants, principale source de revenus des habitants, ont été reconstruits, ainsi que quelques maisons perchées sur des pilotis.

« Le Chilien est un peu têtu. Nous prenons racine là où étaient les anciens et nous y restons », dit Juan Pedro Diaz, un pêcheur qui a décidé de rester en face de la mer, dans une de ces maisons « anti-tsunami ».

Jesus Bravo a rouvert un restaurant, qu’il a baptisé « 8,8 », mais n’habite plus sur place, car « s’il y a un tsunami, il emporte tout avec lui ».

Malgré la tragédie, le séisme de 2010 a été riche d’enseignements : le pays a consolidé ses technologies anti-sismiques qu’il exporte désormais à l’étranger.

« Aujourd’hui, on peut construire au Chili un bâtiment qui ne serait pas endommagé par un tremblement de terre comme celui de 1960 », explique Juan Carlos de la Llera, ingénieur à l’Université catholique du Chili, qui a déposé plusieurs brevets en la matière.

« La réglementation sismique du Chili est très exigeante, ce qui a permis au tremblement de terre de 2010 de ne pas faire s’effondrer un nombre important de maisons », rappelle aussi le ministre du Logement et du développement urbain, Cristian Monckeberg.

C’est en vertu de cette législation que le plus haut bâtiment d’Amérique latine a été érigé à Santiago : avec ses 300 mètres de haut, la Gran torre Santiago, achevée en 2014, est devenue un des symboles de la capitale chilienne.

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