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Dr Faya : « pourquoi j’ai tourné le dos à Cellou… »

Dr Faya

Le leader du Bloc Libéral s’est confié sur les raisons de sa « frustration ».
Pourquoi avez-vous pris vos distances vis-à-vis de l’opposition républicaine ?
Mon parti a décidé de se mettre à l’écart de l’opposition républicaine et de toute autre plateforme à part la CPR (coalition politique pour la rupture) parce qu’il y a un certain flou qui se dégage dans le positionnement des uns et des autres. Nous avons accepté de revenir à l’opposition républicaine après maintes tractations suite aux dernières élections. Mais nous avons compris qu’il n’y a pas eu d’évolution par rapport aux attitudes que les uns et les autres adoptent par rapport aux choses essentielles. La Loi, la Constitution sont des éléments extrêmement importants dans la construction d’un Etat de Droit. Nous constatons qu’on se prête à un jeu dangereux qui nous réduit au statut de la victime.
J’en ai pour exemple ces élections locales qui n’en finissent plus. Au BL nous avons pensé que l’opposition n’aurait pas dû accompagner Bouréma Condé et le régime du Pr Alpha Condé dans la violation et la banalisation de la République. Les gens s’offusquent face à ce qui s’est passé à Matoto. Mais est-ce que les gens savent que ce qui s’est passé à l’intérieur du pays a été pire que ce qu’on a vécu à Matoto ? On sait que c’est illégal ce qui s’est passé, on sait que c’est accompagné de corruption, on le fait dans la violence…
Le deuxième aspect c’est cette question liée à la péremption du mandat des députés. Depuis l’année dernière, à l’intérieur de l’opposition républicaine, nous avions plusieurs fois écrit des mémos pour souhaiter que l’on essaie de travailler pour éviter cette crise. A l’époque on voyait qu’il y avait des petits calculs savamment orchestrés pour attendre que le mandat des députés soit périmé. Rien n’a été fait. Nous nous sommes résignés à faire une déclaration pour prendre l’opinion nationale et internationale à témoin. Maintenant on est dans la crise elle-même. Au-delà de l’avis de la Cour Constitutionnelle, nous savons que l’acte qu’a pris Alpha Condé de proroger le mandat des députés est non seulement anticonstitutionnel, mais aussi il est illégal. Encore, nous comprenons aujourd’hui que nos amis sont prêts à aller siéger. Pour certains c’est déjà connu, pour d’autres on est en train de faire semblant de consulter des bases alors qu’on est plutôt en campagne de sensibilisation.
Il faut qu’on sorte de ces petits jeux parce que pour nous au BL contrôler un quartier, une commune, c’est peut-être important lorsque la République même n’est pas en lambeau. Alpha Condé est venu trouver les conseils communaux, il a pris un acte pour les transformer en délégation spéciale. Il peut bien le faire. Je crois qu’on est en train d’enlever notre regard sur l’essentiel. La République est en lambeau, nous sommes sortis du cadre constitutionnel. Aujourd’hui Alpha gère la Guinée selon sa volonté. Ce n’est ni en vertu de notre Constitution, ni en vertu de nos Lois. Si nous ne trouvons pas cela suffisamment scandaleux, on continue à se prêter à ces petits jeux, nous préférons clairement prendre nos distances et nous ne partons pas non plus vers une autre plateforme. Nous sommes membres de la CPR, nous nous consacrons à la CPR et au Bloc Libéral. C’est ce que nous avons pris comme décision.
Parlez-nous de cette coalition politique pour la rupture…
Cette coalition politique m’a accompagné en 2015 lors des élections présidentielles, c’était une alliance que nous avons transformée finalement en plateforme. Au début elle était composée de cinq partis politiques. Actuellement elle est composée de huit partis, et nous sommes en train de parler avec d’autres partis politiques qui sont en train d’examiner la situation avant de se décider de nous rejoindre ou pas. Nous sommes ouverts à tout autre parti politique pour proposer l’alternative au peuple de Guinée.
Quelle est la particularité du CPR par rapport aux autres coalitions ?
Nous travaillons de manière transparente, nous nous comprenons dans le respect mutuel. Au sein de la CPR, il n’y a pas de grand partis, il n’y a pas de petit partis. Nous sommes des partis politiques qui ont des ambitions pour changer positivement notre pays. Tant que nous évoluerons dans le respect mutuel, on va s’inscrire dans la durée, le peuple de Guinée finira par comprendre qu’il y a bien une alternative qui est en train de se présenter.

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Publié le 18.03.2019

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