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Du Ghana à l’Erythrée, un long chemin vers l’émancipation

Dans les années 1960, le vent de la décolonisation balaie l’Afrique noire. Le Ghana britannique et la Guinée française ont ouvert la marche dès la fin des années 1950 tandis que les possessions portugaises devront attendre les années 1970.

D’autres, comme l’Erythrée, ne gagneront leur souveraineté qu’au début des années 1990.

– Colonies britanniques –

En 1957, le Ghana est le premier pays d’Afrique noire à accéder à l’indépendance. Le Royaume-Uni continue ensuite à négocier au cas par cas l’indépendance de ses territoires: Nigeria en 1960, Sierra Leone et Tanganyika (qui fusionnera avec Zanzibar pour former la Tanzanie) en 1961, Ouganda en 1962, Malawi (ex-Nyassaland) et Zambie (ex-Rhodésie du Nord) en 1964, Gambie en 1965, Botswana et Lesotho en 1966, Swaziland et île Maurice en 1968, Seychelles en 1976.

Cas particulier, le 25 juin 1960, le protectorat britannique de Somalie (nord-ouest) accède à l’indépendance sous le nom d’État de Somalie, avant de fusionner le 1er juillet avec le Territoire sous administration italienne (centre et sud) pour former la République de Somalie.

La décolonisation est marquée par des violences au Kenya (1963) où la rébellion nationaliste des Mau-Mau, à partir de 1952, est réprimée dans le sang.

La Rhodésie du Sud connaît aussi des troubles. En 1965, la minorité blanche au pouvoir proclame unilatéralement son indépendance (non reconnue par Londres ni par la communauté internationale) et établit un régime d’apartheid combattu par les nationalistes noirs. En 1980, le pays accède à l’indépendance sous le nom de Zimbabwe.

– Colonies françaises –

En 1958, le général de Gaulle propose aux territoires français de choisir entre la « Communauté avec la France et l’indépendance dans la sécession ». Seule la Guinée opte pour la deuxième solution dès 1958.

Quatorze autres pays accèdent à l’indépendance en 1960: Cameroun, Sénégal, Togo, Madagascar, Dahomey (futur Bénin), Niger, Haute-Volta (futur Burkina Faso), Côte d’Ivoire, Tchad, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Mali et Mauritanie.

Avant cela, des mouvements indépendantistes s’étaient heurtés à une violente riposte de l’armée française: à Madagascar, la répression de l’insurrection de 1947 avait fait entre 10.000 et 100.000 victimes selon les sources; au Cameroun, des émeutes à partir de 1955 avaient également été réprimées dans le sang.

Les îles des Comores accèderont à l’indépendance en 1975 – sauf Mayotte qui décide de rester française – et Djibouti en 1977.

– Colonies belges –

Propriété personnelle du roi des Belges Léopold II pendant 23 ans puis colonie belge, le Congo (aujourd’hui République démocratique du Congo) devient indépendant en 1960, après des émeutes à Léopoldville (Kinshasa).

Deux autres territoires sous tutelle belge accèdent en 1962 à l’indépendance, le Rwanda et Burundi.

– Colonies espagnoles –

Cinq ans après avoir obtenu un statut d’autonomie, la Guinée équatoriale accède à l’indépendance en 1968.

Fin 1975, le Sahara occidental est cédé par l’Espagne au Maroc et à la Mauritanie, malgré l’opposition des indépendantistes du Front Polisario qui proclament en 1976 la République arabe sahraouie démocratique. Trois ans plus tard, la Mauritanie renonce à sa partie du territoire, annexée par le Maroc.

En 1991, après 16 ans de guerre, le Maroc et le Polisario concluent un cessez-le-feu, toujours surveillé par les Nations unies. A ce jour, le Sahara occidental est le seul territoire du continent dont le statut post-colonial n’a toujours pas été réglé.

– Colonies portugaises –

Des guerres de libération engagées au début des années 1960 en Angola, Mozambique, Guinée Bissau et Cap Vert n’arrivent pas à faire plier le régime salazariste alors au pouvoir au Portugal. Il faut attendre le renversement de cette dictature par une partie de l’armée (la « Révolution des oeillets ») pour que ces pays, ainsi que l’archipel de Sao Tomé et Principe, accèdent à l’indépendance en 1974 et 1975.

D’autres pays africains s’affranchiront encore plus tard:

– Ancienne colonie néerlandaise puis britannique, l’Afrique du sud, indépendante depuis 1910, connaît à partir de 1948 un régime d’apartheid, ségrégation imposée par la minorité blanche qui ne prendra fin qu’en 1994 avec l’élection du premier président noir, Nelson Mandela.

– Colonie allemande au 19e siècle, la Namibie est placée sous tutelle sud-africaine après la Première Guerre mondiale. Le régime de Pretoria occupe le territoire jusqu’en 1989 bien que l’ONU lui a officiellement retiré son mandat dès 1966. La Namibie ne devient indépendante qu’en 1990, après 23 ans de lutte.

– L’Erythrée, ancienne colonie italienne fédérée à l’Ethiopie en 1952 puis annexée en 1962, proclame son indépendance en 1993 après une longue lutte de libération.


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