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Fatou Badiar raconte : « …J’ai pardonné toux ceux qui m’ont envoyé en prison… »

Fatou Badiar Diallo libre

Ce sont les tous premiers mots de madame Fatou Badiar Diallo après sa libération.

L’ancienne prisonnière qui s’est exprimée ce mercredi 2 janvier 2019 au micro d’un journaliste d’Africaguinee.com a livré ses premiers sentiments. L’unique femme condamnée dans l’affaire 19 Juillet lance également un message à ses compatriotes guinéens.

Après  plus de sept ans de détention vous êtes enfin libre,  Quels sont vos premiers sentiments ce jour ?

Un sentiment de joie, Je remercie le bon Dieu qui m’a mise en prison, qui m’a libérée aujourd’hui, je remercie le Pr Alpha Condé de m’avoir gracié par la grâce de Dieu. Je prie tous les guinéens d’accepter ce qui m’est arrivé. C’est un destin. Dieu a fait qu’aujourd’hui je suis libre et je vous charge de le remercier pour moi. J’ai enduré beaucoup, Dieu pouvait me reprendre là où j’étais. Je suis malade là où je vous parle, là où je suis assise. Je dois aller suivre des soins obligatoirement. Dieu a fait qu’au moment crucial, il a pensé à me libérer. Je le remercie et je vais dire à tous les guinéens d’accepter ce qui m’est arrivé. Que personne ne parle mal, ils n’ont qu’à le remercier c’est le Chef de l’Etat. Aucun guinéen n’a mis Alpha Condé au pouvoir, c’est Dieu qui l’a mis là-bas. Donc, nous acceptons cela et prions pour lui pour qu’il puisse finir son mandat. Ce qui est arrivé, c’est arrivé.  Que ce soit peulh ou malinké, soussou ou forestier, acceptons tous.

Je remercie la communauté chrétienne qui n’a cessé de m’apporter un soutien moral et des prières en prison. Etant malade, souffrante, à n’importe quel moment, la communauté chrétienne était là en train de prier pour moi. Je les remercie, je remercie toutes les bonnes volontés qui sont parties me voir, me soutenir, je remercie tous ceux qui sont dehors, qui ont prié pour moi, qui ont pleuré pour moi, je leur demande pardon d’accepter ce qui m’est arrivé. Aujourd’hui je suis sortie, ils n’ont qu’à  être contents. Que personne n’insulte, je préfère qu’on prie pour Alpha Condé de m’avoir gracié à ce moment crucial.

Vous avez été malade durant votre incarcération, que s’est-il réellement passé ?


Aujourd’hui je souffre du diabète, de l’hypertension, je suis cardiaque. Jusqu’à présent les ligaments de mon genou se déplacent à cause des tortures que j’avais subies au moment de mon arrestation. Je ne peux pas marcher seule sans tenir quelqu’un. Je demande à toutes les bonnes volontés  qui peuvent m’aider de m’aider d’abord à me soigner. Aujourd’hui, je n’ai rien même dans ma chambre, il n’y a pas de lits, je me couche par terre, mais je suis très contente  et fière de ça. Je suis libre et vivante, je remercie le Pr Alpha Condé, je prie les guinéens d’accepter ce qui s’est passé et de se réconcilier. C’est ce qui va faire le bonheur du pays.

Pouvez-vous nous en plus sur vos conditions de détention à la maison centrale?

En 2011, lorsqu’on me faisait rentrer à la maison centrale, chaque jour on pouvait sortir 10 cadavres devant moi. J’ai vécu. Je n’osais pas voir un cadavre. Un jour  j’ai vu 10 cadavres alignés qu’on faisait embarquer dans des fourgonnettes sans linceul (…) aujourd’hui c’est le contraire. Je remercie le Pr Alpha Condé aussi d’avoir pensé aux prisonniers qui sont là-bas et réparer toute la prison. C’est grâce à lui. Sinon la première et deuxième année de prison, c’était beaucoup difficile à vivre. Il y avait une odeur nauséabonde, mais actuellement la maison centrale est plus propre que la ville. Donc, remercions-le pour ça. Tout est propre actuellement, il n’y a pas de saletés.

A la maison centrale, on m’a bien entretenu. Je remercie la communauté chrétienne qui était à nos côtés  chaque semaine. Même s’ils me trouvent en train de dormir, ils vont prier pour moi. Je me réveille, je les vois prier. Dieu est partout. J’ai enduré beaucoup, j’ai beaucoup souffert, tous les jours, je suis à l’hôpital, mais Dieu m’a préservé jusqu’à ce que je sois revenue chez moi.  Remercions le Pr Alpha Condé, c’est grâce à lui.

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