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Guinée : dis-moi ton ethnie, je te dirai ton menu de rupture du jeûne

Si le Ramadan est strictement observé en Guinée, un pays dont l’écrasante majorité de la population est musulmane, il reste que cette unanimité dans l’observation de ce quatrième pilier de l’islam se fissure quand il s’agit de rompre le jeûne au coup d’envoi donné en début de soirée par le muezzin.Au moment de mettre un terme à une longue journée de diète, il est possible en regardant plusieurs Guinéens de savoir avec précision à quelle ethnie appartiennent les uns et les autres. Et pour ce faire, point n’est besoin d’être devin, car en Guinée chaque ethnie a sa recette pour rompre  le jeûne.

Cette différence dans la restauration est plus marquée entre les deux grandes ethnies du pays : les peuls et les malinkés.

Ainsi, les peuls coupent le jeûne avec du kinkéliba chaud, une sorte de ‘’Lipton » local, puis arrive la bouillie faite à base de riz, de mil et de sorgho. A défaut, on se rabat sur le «Ketoun», plat fait à base de manioc et de patate ou le « Gossi », un mets léger conçu à base de riz.

Chez les malinkés, deuxième ethnie numériquement la plus importante du pays, la rupture du jeûne se fait avec le « Tô », un plat à base de manioc très prisé en Guinée.

Les musulmans des autres ethnies se rabattent après l’appel du muezzin sur des boissons locales non alcoolisées comme le « bissap» (oseille) ou le « Djindjan» voire les fruits comme les oranges et les dattes.

En dehors du Ramadan, beaucoup de ces mets sont consommés généralement les weekends quand on se retrouve en famille ou lors de cérémonies familiales.

En période de Ramadan, ils font fonction d’entrée et servent aux fidèles à tenir durant les longues prières surérogatoires. Rentrés de la mosquée, ils peuvent maintenant faire honneur à des plats plus consistants, soit du riz à la viande, du riz aux poissons ou du riz gras.

Puis arrive le dessert, composé généralement de salade avec des œufs, de fruits ou de jus d’orange. C’est bien rassasié, que l’on va se coucher en attendant le repas de l’aube pris aux environs de 4 heures du matin. Une corvée pour beaucoup de Guinéens qui, en dehors du Ramadan, n’interrompent pas si tôt leur sommeil…

Ces derniers ne sont pas les seuls à être peu à l’aise car tout non jeûneur ayant la malchance de séjourner en ce moment à Conakry a du mal à se sustenter, faute de restaurant ouvert pendant la journée. Certains restaurateurs pourraient ouvrir, mais craignent le manque de clients.

«Le mois de Ramadan est le pire moment de l’année pour nous. Nos recettes sont nulles. La fréquence de la clientèle est très faible. Surtout pendant la journée. Et la nuit aussi, chacun est chez soi. Il y a la rupture du jeûne, la prière. Après, personne ne sort. Les rues sont quasi vides », se plaint Boubacar Diallo, propriétaire d’un restaurant au quartier Kipé.

De confession chrétienne, Pascal reconnait qu’il lui est difficile de s’acheter du pain le matin pour son petit-déjeuner. « Quand je sors, tous les restaurants que je fréquentais sont fermés ou ne fonctionnent pas. C’est pourquoi, je me contente de jus ou de fruits. Et même si tu as un restaurant ouvert, tu n’as pas ton menu préféré ».

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Publié le 18.03.2019

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