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Guinée : « En Guinée il n’y a pas une crise politique dans le sens classique du terme » (Kiridi Bangoura)

Kiridi Bangoura a déploré la tournure que prennent les manifestations politiques en Guinée. (c) Droits réservés.

Le ministre secrétaire général à la présidence de la République était le lundi 19  novembre 2018, l’invité du journal Afrique sur France 24 où il s’est exprimé sur la crise socio-politique qui secoue la Guinée.

Le proche d’Alpha Condé est revenu sur l’installation des conseillers communaux. Selon lui, la plus grande partie des communes de la Guinée a été installée « dix jours après le top départ donné par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, sur les 342 communes de la République de Guinée, 322 avaient déjà leurs exécutifs installé. Tout ce tintouin mortifère qu’on fait autour de ces élections-là ne concerne qu’une douzaine de communes »  a-t-il expliqué.

Kiridi Bangoura a déploré la tournure que prennent les manifestations politiques en Guinée. « Ce qui est devenu une préoccupation majeure pour le gouvernement est de  savoir qu’en fait, les manifestations qui sont consacrées par la constitution sont utilisées en lieu et place du système institutionnel et juridique. Même si 102 personnes civiles ont été tuées lors des manifestations politiques sur une durée que M. Cellou Dalein Diallo vous a fixé, mais dans cette même période il y a 13 officiers et sous-officiers de police et de gendarmerie qui ont trouvé la mort dont 6 par balles », a-t-il indiqué.

À en croire Kiridi Bangoura, le gouvernement de la République a plutôt d’autres préoccupations. « Ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est de garantir deux nécessités. La première est celle  de respecter la liberté de manifester qui est consacrée par la constitution. La seconde est toute aussi importante. La constitution oblige l’État Guinéen à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens et la libre circulation des citoyens guinéens sur l’ensemble du territoire ainsi que leur libre établissement çà et là sur le territoire national ».


Poursuivant son propos, l’invité de France24 a estimé que la crise guinéenne n’est pas une crise politique. « Une crise politique n’est pas une crise de régime. Une crise peut créer des acteurs qui en définissent les intérêts pour son propre camp. Une crise de régime c’est quand les institutions ne fonctionnent pas. Donc en Guinée il n’y a pas une crise politique dans le sens classique du terme. Nous avons simplement, régulièrement, une utilisation de plus en plus mal contrôlée des manifestations pour utiliser les manifestations comme un moyen de pression au lieu de privilégier le dialogue et le recours légal qui existent dans notre pays ».

Sur l’ouverture des enquêtes sur les assassinats des manifestants, Kiridi Bangoura, s’est exprimé en ces termes : « Il n’y a pas un seul cas de mort où il n’y a pas eu l’ouverture d’une enquête judiciaire. Au moment où je vous parle un gendarme est en état d’arrestation simplement parce que il a été vu avec une arme à l’occasion d’une manifestation ». Interrogé sur une éventuelle modification de la constitution en vue de permettre au président actuel Alpha Condé de s’offrir un troisième mandat, Kiridi Bangoura, ministre secrétaire général à la présidence de la République a tout simplement répondu que c’est au peuple de Guinée d’en décider le moment venu.

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