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Guinée: l’ancien gouverneur Sékou Resco Camara se défend à la barre

Conakry, 21 décembre 2010. L'ex-président Sékouba Konaté (en tenue de combat) s'entretient avec le général Nouhou Thiam, son chef d'état-major, démis de ses fonctions après les élections de novembre. © © AFP/Cellou Diallo

Des hauts gradés de l’armée, dont l’ex-chef d’état major général de l’armée sous la transition militaire de 2010 Nohou Thiam, et l’ancien gouverneur de Conakry Sékou Resco Camara, sont poursuivis pour des faits d’actes de tortures qui remontent au 23 octobre 2010. Des jeunes gens ont été arrêtés dans les quartiers de l’opposition, accusés d’avoir caillassé le cortège du président de la transition Sékouba Konaté.

L’ancien gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara, était tout seul à la barre hier pour répondre de toutes ces accusations, balayées du revers de la main, faisant ressortir plutôt son côté humaniste, qui a plaidé pour la libération des détenus. Ces derniers auraient tous été arrêtés par des soldats de la Garde présidentielle, dirigée par feu le commandant Aboubacar Sidiki Camara dit « De Gaulle ». Au moment des faits, il était l’aide de camp du général Sékouba Konaté.

Sur le déroulement et la suite du procès, Mohamed Traoré, avocat de la défense, affirme : « Nous, avocats de la défense, attendons que le ministère public et la partie civile apportent la preuve des faits qui sont articulés contre nos clients. »

Le second accusé est le général et ex-chef d’état-major de l’armée Nohou Thiam, qui attend une nouvelle comparution.


Sur les propos tenus à la barre par l’ancien gouverneur de Conakry, Me Alpha Amadou Bah qui défend la partie civile réagit : « Il y a beaucoup d’incohérence dans les propos du commandant Resco puisqu’il a opté pour la négation. Mais je pense qu’au fil des débats, nous démontrerons que les faits qui lui sont reprochés sont fondés et que cela va aboutir nécessairement à sa condamnation. »

Les conditions de détention étaient horribles, selon le récit d’une victime, Mamadou Billaly. « D’abord, ils nous ont déshabillés. Après, ils ont versé sur nous de l’eau sale qui sentait. le gouverneur d’alors est venu et a donné l’ordre de nous mater cent coups. Là-bas, ils nous ont maltraités jusqu’à 17h. »

La prochaine audience est fixée au 25 juin 2018.

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