International › AFP

Jordanie: une attaque au couteau fait six blessés, dont quatre touristes

Six personnes, parmi lesquelles trois touristes mexicains et une Suissesse, ont été blessées mercredi dans une attaque au couteau à Jerash, célèbre site archéologique du nord de la Jordanie, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Sûreté générale, Amer Sartaoui.

« Un guide touristique jordanien et un officier de la Sûreté générale » ont également été touchés en tentant d’arrêter l’assaillant, a-t-il ajouté.

Le mobile de cette attaque demeure pour l’heure inconnu. Elle a eu lieu à midi (10H00 GMT) sur le site romain de Jerash, à une cinquantaine de km au nord d’Amman.

« Les blessés ont été évacués vers un hôpital » et l' »assaillant a été immédiatement arrêté », a ajouté un communiqué de la Sûreté générale, sans préciser la gravité des blessures.

Aucune précision n’a non plus été donnée sur l’identité de l’assaillant.

Ce n’est pas la première fois que des sites touristiques sont visés en Jordanie.

En décembre 2016, Karak, réputée pour sa citadelle croisée du XIIe siècle et située à 120 km au sud d’Amman, avait été le théâtre d’une attaque meurtrière ayant fait 10 morts. Sept policiers, deux civils jordaniens et une touriste canadienne avaient été tués dans cette attaque qui avait également fait 34 blessés.

L’attentat avait été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) et fait craindre des répercussions sur le tourisme, un secteur clé de l’économie qui tentait de se relever après des années de crise en raison notamment de l’instabilité régionale.

Dix personnes avaient été condamnées pour cette attaque, dont deux à mort –des frères. Trois des accusés avaient écopé de 15 ans de prison et cinq autres de trois ans d’emprisonnement.

– Crise économique –

Quatre incidents « terroristes » avaient touché le pays la même année, dont un attentat suicide en juin revendiqué par l’EI et qui avait coûté la vie à sept gardes-frontières jordaniens près de la Syrie. Amman a joué un rôle significatif au sein de la coalition menée par les Etats-Unis contre le groupe EI en Syrie et en Irak, deux pays voisins de la Jordanie.

La Jordanie est réputée pour ses splendides vestiges, parmi les plus importants du Proche-Orient, comme la ville nabatéenne de Petra, l’une des sept merveilles du monde, ou le temple romain de Jerash.

Le désert du Wadi Rum et la mer Morte figurent aussi parmi ses attractions touristiques.

Le tourisme est l’une des principales ressources du royaume, en contribuant à hauteur de 10 à 12% au PIB.

L’objectif est de « doubler » cette part d’ici 2022, a indiqué l’an dernier la ministre du Tourisme et des Antiquités, Lina Annab, dans un entretien à l’AFP.

« Nous avons terminé l’année 2017 avec une croissance de près de 15% en nombre de visiteurs et de 18% en recettes » et les mêmes progressions sont notées au premier trimestre, a-t-elle relevé.

L’économie du pays dans son ensemble a subi de plein fouet l’impact combiné de la crise financière internationale puis du printemps arabe et de la guerre en Syrie.

La Jordanie, dont la stabilité est vue comme vitale au Moyen-Orient, accueille 1,3 million de réfugiés venus de ce pays.

Dépourvu de ressources naturelles et très dépendant d’aides étrangères, le royaume fait face à un taux de chômage de 18,5% et 20% de la population vit à la limite du seuil de pauvreté.

Ces dernières années, la Jordanie a été le théâtre de manifestations contre les mesures d’austérité, menées par les jeunes, particulièrement touchés par le chômage.

Lundi, le gouvernement jordanien a démissionné à quelques jours d’un remaniement attendu dans ce pays embourbé dans les difficultés économiques.


À LA UNE

Retour en haut