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La FAO invite les dirigeants Africains à investir dans les technologies agricoles

L’innovation technologique offre des opportunités pour des changements structurels dans le paysage agricole et les systèmes alimentaires en Afrique, affirme le sous-directeur général et représentant régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour l’Afrique Gabriel Abébé Haïlé qui invite les dirigeants Africains à investir dans les solutions digitales pour accélérer le développement agricole.M. Abébé Haïlé, intervenait notamment à un panel de Haut niveau, vendredi, à l’occasion de la cinquième édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA), autour du thème « l’agriculture africaine face aux opportunités qu’offrent les innovations technologiques ».  

Selon le sous-directeur général et représentant régional de la FAO pour l’Afrique, les Etats doivent adopter de nouvelles méthodes de travail exploitant les innovations numériques et technologiques afin de rendre les systèmes agroalimentaires plus efficaces.

Les chocs climatiques, la sécheresse, les épidémies de maladies et de ravageurs ne cessent de menacer la production et la productivité agricoles. Le changement climatique a ainsi réduit les niveaux de production céréalière jusqu’à 3%, contribuant à réduire les disponibilités alimentaires dans la région et à augmenter le nombre d’enfants malnutris.

Les technologies mobiles et numériques ont modifié la manière dont les chaînes de valeur agricoles sont organisées. Pour la FAO cela constitue de nouvelles opportunités pour des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, ainsi que l’impulsion de l’esprit d’entreprise. 

La perspective d’innovations croissantes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires offrent en outre de nombreuses opportunités d’investissement dans les chaînes de valeur agricoles et les systèmes alimentaires, a-t-il poursuivi. 

De ce fait, dira-t-il, le développement des segments post-production des chaînes de valeur alimentaires, y compris la transformation et la logistique, peuvent avoir un impact important sur la productivité, la compétitivité et la création d’emplois sur le continent. 

En dépit des nombreux défis, l’Afrique peut relever plusieurs challenges en matière de sécurité alimentaire et de nutrition en accélérant l’adoption de technologies performantes et d’innovations à plus grande échelle dans les systèmes agricoles et alimentaires qui englobent l’ensemble des acteurs, a-t-il soutenu.

« Il est urgent de renforcer la capacité des agriculteurs familiaux à innover, notamment par l’adaptation, l’utilisation durable des systèmes de connaissances, les ressources locales, les solutions scientifiques, la co-création et l’apprentissage », a-t-il lancé,  avant d’ajouter que « l’innovation est extrêmement pertinente pour les agriculteurs familiaux en Afrique ». 

L’innovation technologique s’impose comme un pilier essentiel dans la modernisation des Petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent la majorité des entreprises privées, en particulier dans les secteurs de la transformation, de la fabrication, de la logistique et autres services de l’agriculture.

Des ministres en charge de l’Agriculture en Afrique ont par ailleurs soutenu l’utilisation d’approches novatrices afin de rendre l’agriculture plus productive et compétitive. Selon eux, le continent ne peut plus continuer à faire usage des méthodes archaïques de production.

Ils ont appelé à une adaptation au changement climatique, à travailler dans la maîtrise de l’eau en promouvant le système d’irrigation goutte-à-goutte pour éviter les pertes d’eau. Et ce, par le biais de la digitalisation du secteur agricole.

Plus de 60% de la population africaine a moins de 24 ans et le nombre de jeunes devrait augmenter de 50% d’ici 2050. Ce dividende démographique présente un potentiel considérable pour transformer l’offre et la demande de biens et de services futurs, y compris l’industrie agroalimentaire.

« Nous avons besoin d’innovations agricoles qui créent un système alimentaire adapté aux changements climatiques et durable (et) qui inclut les petits exploitants et fournit des cultures et des technologies qui tirent parti des ratios travail/terre plus élevés dans l’agriculture à petite échelle », a déclaré M. Abébé Haïlé. 

L’Afrique a besoin d’un système alimentaire qui fournisse des aliments nutritifs et abordables et qui surmonte le triple fardeau de la dénutrition, de la malnutrition et de l’obésité. Les récents rapports sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI) indiquent que les progrès en matière de sécurité alimentaire sont « au point mort ».


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