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La « Grenade » : « c’est la torture qui m’a rendu malade »

"la grenade"

Le procès de Boubacar Diallo dit avoir été victime de torture pendant sa détention pour qu’il accuse Ousmane Gaoual Diallo et Hadja Halimatou, l’épouse du chef de file de l’opposition.
L’ancien pensionnaire de la maison centrale de Kindia révèle qu’il s’est retrouvé en prison à cause de Sékou Souapé Kourouma, un cadre du RPG arc-en-ciel qui lui a proposé de quitter l’UFDG pour rejoindre le RPG arc-en-ciel, comme l’ont fait Intello et Korboya Baldé. “ On m’a envoyé à Kindia sous escorte de 4 pick-up remplis de bérets rouges. Quand les gens m’ont vu on pensait que c’est Toumba qui venait d’être transféré à la maison centrale de Kindia. J’ai piqué des crises dans ma cellule. J’avais reçu une balle auparavant mais c’est la torture qui m’a rendu malade. On m’a torturé pour voir si j’allais accuser l’honorable Ousmane Gaoual et Hadj Halimatou Dalein Diallo. Je suis innocent. Je n’ai jamais commis un crime », a clamé Boubacar Diallo en sanglot, en plaidant sa libération.
Ce jeune militant de l’union des forces démocratiques de Guinée dit avoir été victime de menaces orchestrées par Sekou Souape Kourouma, cadre du parti au pouvoir. “Sékou Souapé m’a demandé de rejoindre le RPG comme Korboya et Intello l’ont fait. J’ai refusé. C’est pour cela que je me suis retrouvé en prison. Je jure que la plupart des gendarmes qui m’ont fait cela, on se rencontrait dans les boîtes de nuit et on se payait des boissons. Lorsqu’on m’a arrêté, on m’a fait porter une arme à la gendarmerie et m’a photographié avec cette arme”, a-t-il révélé devant une assistance médusée. Ce mardi 12 février, le parquet a requis une peine très lourde contre Boubacar Diallo dit ”Grenade » accusé de tentative de meurtre et de détention illégale d’armes de guerre. Dans ses réquisitions, le procureur Sidy Souleymane Ndiaye a requis une condamnation de 20 ans de détention criminelle dont une période de sureté de 5 ans. Dans ses propos, le ministère public a présenté ce jeune militant de l’union des forces démocratiques de Guinée comme un personnage dangereux.
« Monsieur Boubacar Diallo est une personne dangereuse. Il a reconnu hier qu’il appartenait à la section cailloux (de l’UFDG) », a martelé le procureur, expliquant que c’est au retour de l’enterrement de Mamadou Saidou Bah (un jeune tué lors d’une manifestation, ndlr) les forces de l’ordre postées devant un siège d’un parti politique ont subi des jets de pierres. Pendant cette agression, a-t-il le procureur, le nommé Boubacar Diallo a utilisé un PMAK contre les agents. Selon lui, il aurait fait 19 tirs dont les étuis ont été ramassés.
« Pendant l’utilisation de cette arme, par maladresse Boubacar Diallo s’est blessé. Après il a pris la fuite. Il a été localisé à Jean Paul II. Après il a été exfiltré vers le Sénégal où il est resté plusieurs mois avant de revenir en Guinée. 19 étuis ont été utilisés contre les forces de l’ordre qui ne possédaient que des gaz lacrymogènes. La section cailloux est mise en place pour lancer des projectiles contre les forces de l’ordre. Vous (Boubacar Diallo, ndlr) dirigez cette section cailloux. Je vous ai entendu hier s’apitoyer sur les conditions de votre détention. Vous avez sangloté en parlant de votre transfèrement. Il n’y avait pas lieu d’émouvoir le public et blâmer les officiers de la police judiciaire. Nous avons été heurtés par les attaques de la police judiciaire (…) Il porte un surnom Grenade révélateur de sa personnalité. Vous êtes une grenade offensive. Des individus de ce genre ne méritent qu’une chose : l’application de la loi prévue par rapport à des agissements infractionnels », a enfoncé M. Ndiaye, accusant Grenade d’avoir tiré en direction des forces de l’ordre postées devant un établissement.
« Nous ne sommes pas là pour parler de politique. Il n’y a aucune connotation politique dans ce dossier. Nous parlons de meurtre », a déclaré Sidy Souleymane N’diaye dans ses réquisitions. Au cours de son audition, Boubacar Diallo a rejeté toutes les charges portées à son encontre. Ses avocats dénoncent un dossier “bâclé” et “monté de toutes pièces”. Ils demandent la libération pure et simple de leur client. L’audience se poursuivra le lundi 18 février 2019 avec la poursuite des plaidoiries de la défense.


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