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Le PDS de Wade à nouveau dans une zone de turbulence ?

Le Parti démocratique sénégalais (PDS) de maître Abdoulaye Wade, retourné dans l’opposition après 12 ans de présidence (2000-2012), est-il à nouveau dans une zone de turbulence ?En tout cas, des signes de dissidence font jour dans ce premier parti de l’opposition sénégalaise depuis que le 9 août dernier, Abdoulaye Wade a, dans un communiqué, annoncé le renouvellement des instances du PDS avec la suppression du poste de coordonnateur confié jusqu’ici à Oumar Sarr. La faute de ce dernier ? Sa participation au dialogue national initié par le chef de l’Etat Macky Sall, sans avoir reçu au préalable l’autorisation de Wade, Secrétaire général national et fondateur en 1974 du PDS.

La mise à l’écart d’Oumar Sarr n’est pas sans rappeler la disgrâce de Madické Niang, longtemps considéré comme un fidèle lieutenant de Wade. Devant l’impossible candidature de Karim Wade, le fils de Wade, Madické a défié le PDS et son mentor en se présentant à la présidentielle 2019. Son anecdotique 5e place sur 5 candidats ne le dissuada pas moins de quitter le PDS pour fonder son propre parti.

Oumar Sarr n’en est pas encore là, mais Me Wade, décidé à faire sans lui, a dans ses réformes au sein du PDS confié le Secrétariat général adjoint chargé de l’Organisation, de la Modernisation et de l’Elaboration des Stratégies politiques à… Karim Wade. Le fils biologique qui a maille à partir avec la justice sénégalaise et vit en exil au Qatar depuis 2016

Déjà acquis à l’idée que Karim, en dépit de son absence, tire les ficelles au sein du parti, beaucoup d’observateurs voient dans l’acte que vient de poser Wade père un passage de témoin à la tête du parti. Tel un héritage, le PDS serait-il  servi sur un plateau d’argent au fils biologique ?

En réaction, Dr Cheikh Tidiane Seck, ex-secrétaire général adjoint du parti libéral chargé des cadres, a eu des mots durs pour fustiger les décisions de Wade : « Ce Secrétariat national est le Secrétariat de Karim Wade et de ses amis (…) c’est du banditisme politique qui est en train de se dérouler au PDS ». Doutant du leadership de Wade fils, il s’est dit non convaincu de le voir « mener le PDS à la reconquête du pouvoir ».

Rappelant dans leur démarche l’opposition qui, en  2012, taxait Wade père de se livrer à une «dévolution monarchique», les dissidents qui se font jour au PDS sont en train de poser des actes tendant à empêcher la mainmise de Karin sur le parti.

C’est dans ce sens qu’ils ont créé l’«Alliance Suxali PDS», un mouvement visant à relancer le parti sur de « bonnes bases ». Tout autre est l’avis des mouvements de jeunes du PDS (UJTL et MEEL) qui voient dans l’attitude de Oumar Sarr et compagnie une démarche visant à «diviser le parti ».

Allant plus loin dans leur soutien à Abdoulaye Wade, certaines fédérations régionales du PDS ont pris sur elles de renvoyer leurs responsables. C’est le cas de Babacar Gaye de Kaffrine (centre) qui avait commencé à prendre des positions tranchées depuis le soutien à la candidature de Madické Niang.

A la suite de Kaffrine, les fédérations régionales de Ziguinchor (sud) et de Saint-Louis (nord) ont réitéré leur ancrage derrière leur Secrétaire général national, Abdoulaye Wade.

Nullement ébranlés, les frondeurs considèrent aujourd’hui que le PDS doit fonctionner sur des bases démocratiques et non reposer sur les décisions unilatérales d’un seul homme, bien qu’étant son fondateur.

Pendant ce temps, Karim Wade, considéré comme le responsable de ce charivari, ne dit rien et semble se complaire dans le nouveau poste stratégique que vient de lui offrir son père. Depuis le Qatar qu’il aurait, selon la presse, quitté pour un bref séjour à Kigali, Wade fils assume quasiment le poste de numéro deux du PDS.  

Jusqu’à quand va-t-il rester hors du pays ? Mystère et boule de gomme quand on sait qu’une amende de plus de 130 milliards FCFA plane sur sa tête. Elle a été prononcée contre lui par la Cour de répression et d’enrichissement illicite (Crei) avec ordre d’une contrainte par corps s’il met les pieds à Dakar sans payer l’amende.


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