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Les journaux camerounais tirent les premières leçons du Grand dialogue national

A l’unisson, les journaux camerounais parus vendredi tirent les premières leçons du Grand dialogue national (GDN), destiné à mettre un terme à la crise sécessionniste anglophone, et qui s’achève le même jour dans la capitale, Yaoundé.Le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune salue la restitution, la veille au soir, des travaux en commission qui donne déjà un bel aperçu du fruit de 4 jours de travaux intenses réflexions. Des recommandations qui vont, par exemple, du statut spécial des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au retour à l’appellation «République unie du Cameroun».

En écrasante majorité dans les commissions, les caciques du régime ont réussi à bloquer, soupire le quotidien à capitaux privés de langue anglaise The Guardian Post, le débat sur le fédéralisme, souhaité par la communauté anglophone. Ce que veulent les anglophones, prolonge son confrère Le Jour, c’est avant tout la reconnaissance de leur spécificité culturelle, et non une assimilation à pas forcés des francophones.

Mais l’accélération annoncée de la décentralisation, également proposée par le GDN, suffira-t-elle à résoudre le problème anglophone ? s’interroge Émergence, rappelant que ce concept, contenu dans la Constitution de 1996, n’a jamais été véritablement appliqué du fait d’un manque criard de volonté politique.

Ce que Le Messager retient davantage, dans les conclusions du GDN, c’est la suppression du poste de délégué du gouvernement, une sorte de super-maire nommé dans les grandes agglomérations du pays, régnant sur des maires élus et oblitérant, par là même, le travail des conseils municipaux choisis par les populations.

Cette publication, autant que Cameroon Tribune, Émergence, Essingan, InfoMatin, Le Jour et The Guardian Post, ne manquent pas de signaler la décision, prise par le président Paul Biya, de l’arrêt des poursuites devant le tribunal militaire de 333 sécessionnistes. Et Mutations de rappeler que c’est la 3ème fois, depuis le début de la crise anglophone, que le chef de l’État use de ce que L’œil du Sahel qualifie pour sa part de «carte d’apaisement».


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