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Les principales conclusions du rapport Mueller

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Long de 448 pages, le rapport du procureur spécial américain Robert Mueller résume une enquête entamée en juillet 2016, lorsque le FBI a noté de premières ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine.

Le premier volume est consacré à une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, le second aux tentatives éventuelles d’entrave à l’enquête Mueller par le président.

En voici les principaux points.

– Ingérence russe –

Aucun doute pour le procureur spécial: « l’Etat russe s’est immiscé dans l’élection présidentielle de 2016 d’une façon systématique ».

« D’abord, une organisation russe a mené une campagne sur les réseaux sociaux qui a favorisé » Donald Trump et « dénigré » son opposante démocrate Hillary Clinton.

Puis des hackers russes, émanant du service de renseignement militaire russe GRU, ont piraté des messages du parti démocrate et d’un proche d’Hillary Clinton. Les e-mails gênants pour la candidate ont ensuite été diffusés sur internet par des sites anonymes et par WikiLeaks, qui avait reçu les messages volés directement des Russes.

Robert Mueller rapporte que des officiers du GRU ont « ciblé pour la première fois le bureau personnel de Clinton environ cinq heures après la déclaration de Trump » du 27 juillet 2016, lors de laquelle il avait appelé la Russie à retrouver les e-mails effacés de sa rivale: « Russie, si vous écoutez »… Une blague, dira-t-il ensuite.

– Pas de preuve de collusion –

Point essentiel pour le président, le procureur Mueller écrit qu’il n’a pas trouvé de « preuves suffisantes » d’une d’entente entre les membres de l’équipe de Trump et la Russie, malgré de nombreux contacts plus ou moins discrets.

Le fils du candidat républicain, Donald Jr., a reçu des messages de WikiLeaks, l’entourage de M. Trump a retweeté de faux comptes américains créés par les Russes, une réunion a eu lieu avec des Russes à la Trump Tower… mais rien ne prouve qu’il s’agissait d’une conspiration.

– Mais y a-t-il eu entrave? –

Sur ce point explosif, le procureur Mueller ne blanchit pas Donald Trump: « Si ce rapport ne conclut pas que le président a commis de délit, il ne l’exonère pas non plus ».

Robert Mueller explique que le président a bien tenté, pendant des mois, en public et en privé, de déjouer ses investigations, mais qu’il a échoué pour une raison: « les personnes entourant le président ont refusé d’exécuter ses ordres ou de donner suite à ses demandes ».

Le président a ainsi ordonné au chef des services juridiques de la Maison Blanche de faire limoger le procureur spécial, mais Don McGahn a refusé d’obtempérer. M. Trump a multiplié les pressions sur son ministre de la Justice et des témoins-clés, conduisant ses collaborateurs à mentir à la presse ou dans des communiqués.

Robert Mueller livre, sur des dizaines de pages, un compte-rendu minutieux des machinations et mensonges au sein de la Maison Blanche.

– Au Congrès de jouer ? –

« Si nous étions certains, après une enquête rigoureuse, que le président n’avait clairement pas commis d’entrave à la justice, nous le dirions », écrit le procureur.

Mais il rappelle qu’un président en exercice ne peut pas être inculpé pénalement devant la justice ordinaire. Par conséquent, il argue que, même s’il avait obtenu des preuves que M. Trump avait commis des délits, il n’aurait pas pu recommander de poursuites.

En revanche, il souligne que le Congrès a, lui, les moyens de poursuivre un président pour entrave à la justice. Cette procédure, sur l’opportunité de laquelle l’équipe Mueller ne se prononce pas, s’appelle le processus de destitution.


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