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Liberté de la presse : le journaliste Lansana Camara aux arrêts

Lansana Camara

Le journaliste Lansana Camara du site « Conakrylive.info » séjourne en prison depuis ce mardi 26 mars 2019.

Il a été placé sous mandat de dépôt par un juge suite à une plainte du Ministre guinéen des Affaires Étrangères qui l’accuserait de « diffamation ». Notre confrère a révélé dans un article de presse, un « détournement » de plusieurs milliards de francs guinéens au Département des Affaires Étrangères. Mamadi Touré a alors saisi la justice qui a aussitôt convoqué et entendu le journaliste Lansana Camara. Notre confrère qui est également le correspondant de l’Agence « Chine Nouvelle » a par la suite été déposé à la maison centrale où il séjourne depuis ce mardi 26 mars 2019. L’association Guinéenne de la Presse Électronique (AGUIPEL), ainsi que le Réseaux des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI) ont dénoncé cette arrestation qui viole la loi L002 portant sur la liberté de presse en Guinée. Faut-il rappeler qu’en Guinée, les délits de presse sont dépénalisés. Sur la toile, les soutiens à Lansana Camara ne cessent de se manifester. Tous dénoncent un « abus d’autorité » de la part du Ministre de l’Économie et des Finances.

Lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de l’atelier des formateurs sur « la responsabilité sociale du journaliste en période électorale » ce mercredi 27 mars, dans un réceptif hôtelier de la place, la présidente de la Haute Autorité de la Communication (HAC) Martine Condé s’est prononcée sur l’emprisonnement du journaliste Lansana Camara, poursuivi pour « diffamation » par le Ministère des Affaires étrangères.


« Avant de commencer mon propos, je voudrais rassurer un peu tout le monde parce qu’il y a la nouvelle qu’un journaliste est emprisonné, d’autres disent qu’il se trouve à la DPJ, ce qui n’est pas normal et je vois qu’il y a des visages fermés à cause de ça. Je voudrais rassurer tout le monde que les commissaires de la HAC et moi-même, nous nous en occupons. C’est hier huit seulement que j’ai été informée, j’ai essayé de réveiller les autorités judiciaires mais je n’ai pas pu parce que le ministre de la Justice se trouve à l’intérieur du pays, il semble qu’il est à Macenta et je n’ai pas pu avoir le procureur. C’est notre collègue Amadou Tham Camara, président de l’AGUIPEL qui m’a contactée. Donc, depuis ce matin, nous sommes à pied d’œuvre et je suis sûre d’ici là, nous allons trouver une solution. Puisque j’ai rappelé à tout un chacun que la loi 002 sur la liberté de la presse ne permet pas l’emprisonnement d’un journaliste. Je suis désolée que l’AGUIPEL ne nous a pas contactés, parce qu’il semble que ça fait quelques jours qu’ils font des démarches au niveau de la DPJ et ailleurs sans contacter la HAC qui doit normalement régler tout ce problème. Aussi, le ministre en question parce qu’il s’agit de la diffamation d’un ministre, dans ce cas-là, c’est la HAC la première institution à régler les problèmes concernant la presse. Nous avons vu des exemples, c’est le cas de certains comme celui de la Justice qui s’est adressé à nous quand il a eu des problèmes et le ministre de la Communication qui est là. Je pense que nous allons régler le problème de manière satisfaisante puisque nous sommes entre personnes civilisées et légalistes. Donc, je suis un peu fâchée contre le ministre plaignant et l’AGUIPEL puisque le journaliste n’aurait pas dû se trouver là-bas si on avait associé la HAC. Donc, je vous remercie de vous détendre pour qu’on fasse bien cette formation parce qu’elle est très importante et qu’il n’y ait pas trop de problèmes, que les gens ne soient pas stressés à cause de l’arrestation d’un journaliste. Il est fait partie de la famille et nous allons régler. Je vous remercie »

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