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L’Ivoirien Armand Gauz et le Camerounais Timba Bema sur le toit de la littérature africaine (Portrait)

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Le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2018 a été décerné cette année à l’Ivoirien Armand Gauz pour son second roman « Camarade papa » et au poète Camerounais Timba Bema pour son recueil « les seins de l’amante ». Portrait.

Les deux ouvrages primés ont pour particularité de traiter de sujets tournant autour de la colonisation et de l’émancipation des populations africaines. 

Après  le  Prix Ivoire 2018, le Grand prix national Bernard Dadié de la littérature 2019, le Grand Prix littéraire d’Afrique noire 2018 est décerné au romancier ivoirien Armand Gauz  pour son roman « Camarade papa », paru aux éditions le Nouvel Attila qui, en espace d’un an, a raflé presque tous les prix littéraires importants de par le monde.  

Biochimiste de formation, Armand Patrick Gbaka-Brédé, à l’état civil, Armand Gauz (diminutif de Gauzorro, son grand-père), originaire de Dignago, au centre-ouest du pays dans le département de Gagnoa, a abandonné la science pure pour flirter avec la photographie, le film documentaire, des émissions culturelles et la presse écrite.
 
Armand Gauz fut rédacteur en chef d’un journal économique satirique en Côte-d’Ivoire avant d’être propulsé sur le devant de la scène littéraire par son premier roman « Debout Payé »  tiré à 50 000 exemplaires.
 
Selon le Critique littéraire Auguste Gnaléhi, « Camarade papa », l’ouvrage de 256 pages est porté par « une plume pleine de maîtrise et, surtout,  pleine de surprises dans son rapport particulier avec la langue ».


« Gauz ne se contente pas d’attendre la langue et de l’utiliser avec un respect sacro-saint des règles de bon usage. Au contraire, il va à la rencontre de cette langue. Il la tient par le collet. Il lui mène  un combat frontal, pour l’obliger à  épouser ses pulsions singulières d’écrivain et d’homme libre », apprécie le critique littéraire.

A travers Camarade papa, « on découvre ce besoin de faire avancer la langue, la culture urbaine contemporaine,  d’un auteur bien  dans son élément « , juge encore M. Gnaléhi.

Les énergies langagières déployées par l’écrivain sont un délice. Gauz sublime la langue française et percute le lecteur de plein fouet. Il joue, selon Julien Vallon, « le jeu du choc culturel dans une langue qui sert de pont et qui rassemble: bien pendue, précise,  inventive, drôle toute en contorsions et jonglages étonnants ». 

Dans une langue inventée,  Gauz (48 ans, l’aîné de son père, Cadre de banque et troisième fils de sa mère, sage-femme, tous deux à la retraite), cet invincible amour des histoires entraîne le lecteur dans la magie des mots. Un régal !

Armand Gauz est le huitième lauréat ivoirien du Grand Prix Littéraire d’Afrique noire après Aké Loba (1961, pour Kocumbo , l’étudiant noir), Bernard Dadié (1965, pour Patron de New-York), Jean-Marie Adiaffi (1981, pour La Carte d’identité), Ahmadou Kourouma (1990, pour Monnè, outrages et défis), Maurice Bandaman (1993, pour Le fils de la femme mâle), Véronique Tadjo (2005, pour Reine Pokou) et Venance Konan (2012, pour Edem Kodjo, un homme, un destin).

Le Grand prix littéraire d’Afrique noire est décerné depuis 1961 par l’Association des Écrivains de Langue Française, aux auteurs originaires d’Afrique noire francophone. Le jury de ce prix est composé de 11 personnalités issues du monde littéraire. L’Ivoirien Aké Loba a été le premier lauréat.
 

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