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L’Ouganda et le Rwanda signent un accord pour mettre fin aux tensions

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Les présidents du Rwanda et de l’Ouganda ont signé mercredi en Angola un accord destiné à mettre fin aux tensions opposant les deux voisins, d’anciens alliés qui en étaient venus à s’accuser mutuellement d’espionnage, d’assassinat politique et d’ingérence.

Les présidents rwandais Paul Kagame et ougandais Yoweri Museveni se sont engagés à « respecter leur souveraineté réciproque et celles de leurs pays », selon un communiqué commun rendu public après la signature d’un protocole d’accord, à Luanda.

Les deux responsables ont aussi décidé de « s’abstenir d’actions de déstabilisation ou de subversion sur le territoire de l’autre partie (…), ainsi que de financer, former et infiltrer des forces déstabilisatrices ».

Le protocole d’accord a été signé en présence des présidents de l’Angola, Joao Lourenço, de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, et du Congo, Denis Sassou Nguesso.

Les tensions entre les deux hommes forts – M. Museveni est au pouvoir depuis 33 ans, M. Kagame depuis 19 ans – risquaient d’entraîner leurs voisins dans leur conflit et de menacer l’intégration des économies de la région et sa stabilité.

Paul Kagame et Yoweri Museveni se sont également mis d’accord pour « reprendre dès que possible les déplacements de personnes et de biens à travers leurs frontières.

Les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda ont provoqué la fermeture de la frontière entre les deux pays en février.

A cette date, le Rwanda a brusquement interdit à ses ressortissants de traverser la frontière commune, un point de passage essentiel au commerce de la région, frontière également fermée aux Ougandais souhaitant exporter au Rwanda.

Après la cérémonie, le président Kagame a dit ne s’attendre à aucun problème dans sa coopération « avec le président Museveni pour traiter ce que nous nous sommes engagés à traiter ».

« L’Ouganda va pleinement s’engager pour faire respecter cet accord », destiné à « améliorer les relations politiques et économiques entre nos pays », a assuré de son côté Yoweri Museveni.

– « Surmonter le conflit » –

Les deux responsables étaient des alliés proches dans les années 80 et 90, quand ils s’étaient mutuellement aidés à accéder au pouvoir.

Le dirigeant angolais, le président Lourenço, a salué l’accord de mercredi qui, a-t-il dit, illustre la volonté de deux chefs d’Etat « de surmonter le conflit ».

Peu après la prise de pouvoir de Museveni en 1986, Paul Kagame occupera un poste de premier plan au sein des services de renseignement militaire de l’armée ougandaise. Il bénéficiera ensuite du soutien de Museveni pour sa conquête du pouvoir en 1994.

Pendant des années, les armées commandées par Kagame et Museveni se sont ensuite battues côte à côte, provoquant la chute du dictateur congolais Mobutu Sese Seko en 1997.

Mais avant même le tournant du siècle, les relations entre les deux hommes se sont nettement dégradées. Le ressentiment a débouché sur de violents combats en août 1999 et juin 2000 à Kisangani en RDC, qui ont fait plusieurs centaines de morts, pour la plupart des civils.

Depuis lors, une méfiance persistante caractérise les relations entre les deux pays, dont les liens diplomatiques n’ont toutefois jamais été rompus.

Les tensions s’étaient encore aggravées en mars, lorsque le Rwanda avait publiquement accusé l’Ouganda d’avoir enlevé des Rwandais et de soutenir des rebelles voulant renverser son gouvernement.

M. Museveni a admis avoir rencontré, mais assure ne pas soutenir, les rebelles anti-Kagame. Ses services ont accusé des Rwandais d’Ouganda d’espionnage et certains d’entre eux ont été arrêtés ou expulsés.

En mai, la police ougandaise avait aussi accusé des soldats rwandais d’avoir pénétré sur son territoire et d’y avoir tué deux hommes. Kigali a affirmé que l’incident s’était déroulé sur son territoire.


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