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Lutte contre le braconnage : le Botswana peut-il sauver ses rhinocéros ?

Le braconnage gagne du terrain au Botswana et, malgré les efforts déployés par les autorités pour lutter contre le fléau, les populations de rhinocéros noirs et blancs qui sont estimés à environ 400, ne cessent de diminuer. Les abattages des pachydermes sont tels que plusieurs défenseurs de l’environnement affichent leur pessimisme en se demandant si le Botswana ne va pas perdre dans un proche avenir ses rhinocéros.Pourtant, jusqu’ici, la lutte menée contre le braconnage par les autorités avait permis de protéger les animaux qui trouvaient au Botswana un havre de paix. En collaborant avec le gouvernement sud-africain et les agences de protection de la nature de ce pays, le Botswana était presque parvenu à réaliser la tolérance zéro contre le braconnage.

Relâchement coupable ou bonne parade des braconniers ? Toujours est-il que ces derniers ont repris récemment du service, se mettant à abattre de plus belle les rhinocéros.

Selon un haut responsable de l’Etat, des braconniers ont en moins d’un mois tué six pachydermes dans la principale concession touristique du pays, située au sud.

Pour sa part, le Coordonnateur du département de la faune sauvage et des parcs nationaux, Mmadi Reuben, a reconnu que le pays avait perdu en quelques mois environ 16 rhinocéros. Dans ce lot, six rhinocéros sont tombés sous les balles des braconniers, entre octobre et novembre 2018.

Reuben lie cet essor du braconnage à la décision prise par les autorités de relocaliser des rhinocéros noirs et blancs en provenance de pays voisins. Vu la sécurité qu’offrait aux pachydermes le Botswana, l’Afrique du Sud, notamment, y avait déplacé ses rhinocéros.

Cela a eu pour conséquence un accroissement des rhinocéros, a fait remarquer Reuben, soulignant toutefois que dès que la sécheresse provoquée par El Nino s’est installée dans le pays un problème de survie s’est posé.

Contraints de fuir les zones sécurisées pour trouver ailleurs de l’eau et de la végétation, certains animaux ont pu se retrouver nez à nez avec des braconniers à la gâchette facile, a expliqué Reuben.

Ironie du sort, a-t-il relevé, beaucoup de ces animaux abattus avaient été rapatriés d’Afrique du Sud par mesure de protection contre les braconniers.

Le Coordonnateur du département de la faune sauvage et des parcs nationaux a également fait état d’une autre cause de la recrudescence du braconnage : la demande croissante de cornes de rhinocéros émanant des pays asiatiques.

Face à la situation, le gouvernement a, d’une part, lancé une campagne de sensibilisation consistant à demander aux populations vivant dans les zones où se trouvent les rhinocéros de signaler aux autorités toute présence d’individus suspects

« On leur a expliqué que dès qu’ils soupçonnaient de tels individus de préparer quelque chose, ils doivent informer les forces de l’ordre qui surveillent le mouvement de ces animaux », a expliqué Reuben.

D’autre part, a-t-il ajouté, le gouvernement a renforcé la surveillance des mouvements des rhinocéros en vue de tuer dans l’œuf toute velléité de braconnage.

Lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 18 novembre dernier, le Président Mokgweetsi Masisi a fait part de sa préoccupation avant de promettre que son gouvernement allait continuer à renforcer ses capacités en vue de lutter plus efficacement contre le braconnage et la traite des espèces sauvages.

Dans ce combat, il peut compter sur l’organisme « Rhinos sans frontières » qui a annoncé récemment sur son site Web avoir procédé, en collaboration avec le gouvernement du Botswana et certains groupes de défense de la nature, à l’étiquetage des rhinocéros sauvages dans le Delta d’Okavango.

Grâce à cette opération consistant notamment à faire des marques sur les oreilles des rhinocéros et à prélever leur ADN, chaque pachyderme peut faire l’objet d’un suivi.


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