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Lutte contre le terrorisme au Sahel : un chercheur prône l’approche holistique

Le directeur général du Think Tank, Timbuktu Institute, Dr Bakary Samb a invité, vendredi à Dakar, les dirigeants ouest-africains à privilégier « l’approche holistique » pour lutter contre l’extrémisme violent et la radicalisation, arguant qu’il « serait une grosse erreur » de la part des pouvoirs publics d’engager leurs pays dans une approche purement militaire et sécuritaire.« C’est au carrefour des déficits d’inclusion sociale et de la multiplicité des facteurs de vulnérabilités socio-économiques, des sentiments d’exclusion et de frustration que se trouvent les nids de la radicalisation », a fait remarquer, Dr Samb à l’occasion de l’atelier de restitution de l’étude « Facteurs de radicalisation et perception du terrorisme chez les jeunes des zones frontalières du Sénégal et de la Guinée ».

Partant de ce constat, il a indiqué que « les Etats de la région doivent, au-delà des querelles politiques et préoccupations uniquement politiciennes donner plus d’importance à l’inclusion sociale des jeunes ».

Cette dernière qui serait incluse dans une stratégie de prévention globale devrait, selon l’auteur du livre « Tidjaniya : usages diplomatiques d’une confrérie soufie », permettre de pourvoir des emplois aux jeunes, réduire les inégalités socio-économiques et l’exclusion sociale.

A en croire l’universitaire sénégalais, les difficultés auxquelles sont confrontés les dirigeants politiques au Burkina Faso, au Mali et au Niger frappés de plein fouet par le terrorisme, c’est le rejet par les populations des politiques sécuritaires qui n’ont pas pu régler le problème djihadiste. Et c’est pour cela, martèle-t-il, « une forme d’engagement accrue au niveau militaire sans le préalable d’une stratégie nationale de prévention de l’extrémisme serait une grosse erreur ».

Revenant sur les cas spécifiques de la Guinée et du Sénégal où l’étude a été menée, l’auteur du livre « Boko Haram: du problème nigérian à la menace régionale », a déploré l’absence d’une stratégie nationale de prévention dans ces deux pays, alors que celle-ci devrait leur permettre de sensibiliser et de mobiliser les leaders religieux, la société civile, le milieu éducatif et les jeunes autour d’une cause nationale à laquelle adhère l’ensemble de la population.

Pour le fondateur de Timbuktu Institute, il ne s’agit pas pour ces deux pays et notamment le Sénégal d’être en dehors des cadres régionaux, « mais sa priorité (celle du Sénégal) aujourd’hui, se trouve dans l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention assumée ». La Guinée dispose d’une stratégie nationale de prévention, mais celle-ci n’est pas encore adoptée par l’Assemblée nationale.

Si on ne le fait pas, avertit-il, on verra les pouvoirs politiques se confronter aux mêmes problèmes qu’au Mali et au Burkina Faso, où les sociétés civiles et les populations rejettent les politiques sécuritaires.


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