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Mamadou Kaly Diallo: « il faut  bannir la culture du mensonge en Guinée »

Le 04 février dernier les Guinéens étaient aux urnes. Depuis, le pays est plongé dans une crise post électorale qui…

Le 04 février dernier les Guinéens étaient aux urnes. Depuis, le pays est plongé dans une crise post électorale qui n’est pas sans conséquence. Le nombre de victimes ne fait qu’augmenter du jour au jour. Les acteurs de la crise, (opposants, mouvance présidentielle et services de sécurité) se rejettent les responsabilités.  Comment sortir le pays de cette situation de crise ? Pour tenter de répondre à cette question, journaldeconakry.com est allé à la rencontre de Mamadou Kaly Diallo, activiste de la société civile.

Bonjour monsieur, c’est quoi la baïonnette intelligente ?

La baïonnette intelligente est  un projet Guinéo  Allemand qui est né au lendemain des événements de janvier février 2007 et  qui a pour vocation d’aider la Guinée dans la construction d’un véritable Etat de droit sans violence. Il a pour vision la main dans la main. Les citoyens guinéens construisons ensemble un Etat de droit débarrassé de la peur  et de la violence.

La Guinée est aujourd’hui dans une situation critique. En tant que société civile, qu’avez-vous fait dans le cadre de l’atténuation de la crise ?

La baïonnette intelligente d’abord s’est beaucoup investie dans le cadre de l’alerte précoce, la prévention et la gestion des conflits. Nous le faisons en longueur de journée , nous faisons des séances d’informations, de sensibilisation mais aussi et surtout particulièrement sur la situation actuelle nous avons réussi avec nos partenaires, la cellule de mise en œuvre sur le terrain,  je veux parler de la coalition nationale pour la paix en République de Guinée et la plateforme des jeunes leaders de l’axe pour la paix et le développement,  à observer où alors à faire observer le scrutin  du 04 février 2018 . Bref, nous avons alerté, nous sommes parvenu et nous investissons aussi dans le cadre de la gestion parce qu’il faut parler de la gestion maintenant malheureusement on est retombé dans la crise postélectorale  à cause des  irrégularités et des fraudes électorales.

Au niveau de votre plateforme comment jugez-vous le cas Aboubacar Soumah ?

La baïonnette intelligente est respectueuse des principes. J’ai dit que notre vocation c’est d’aider la Guinée à construire un Etat de droit, un Etat de droit veut dire un Etat fondé sur le droit et qui est respectueux des droits de l’homme. Dans la mesure où la constitution Guinéenne en son article 20 consacre la liberté et le droit d’aller en grève, moi je dis que Soumah doit être écouté et doit être entendu surtout que la légitimité sur le terrain le prouve à suffisance. Pour preuve, il n’y a pas d’école depuis maintenant trois semaines. Je pense qu’un gouvernement responsable, soucieux du droit à  l’éducation des enfants puisque c’est un devoir de l’Etat de l’assurer dans de bonnes conditions,  doit  prendre des dispositions utiles pour que cela s’exerce dans les règles de l’art,   doit  écouter Aboubacar Soumah qui a une telle capacité de  mobilisation et qui a une telle légitimité envers les syndicats.

Justement, le Président de la République Alpha Condé a  demandé à rencontrer Aboubacar Soumah. C’est désormais chose faite. Quelles sont vos attentes ?

Mieux vaut tard que jamais. J’ai suivi le Président de la République  aller même jusqu’à porter atteinte à la liberté de la presse, de dire de façon  publique  que tout journaliste qui donnerait la parole à Soumah serait poursuivi et que tout media qui tenterait de le faire serait fermé. Donc aujourd’hui que le Président revienne à la raison pour comprendre que  Aboubacar Soumah est une personne qui compte avec qui il faut dialoguer, je souhaite surtout qu’il y  est des éléments concrets pour sortir de cette crise.

Selon vous qu’est ce qu’il faut faire aujourd’hui pour parvenir à l’enlisement de cette crise ?

Écoute ! Il faut d’abord inverser la tendance. C’est-à-dire  bannir la culture du mensonge en République de  Guinée car en Guinée, de nos jours, on n’a pas honte de mentir au peuple,  on n’a pas honte de faire des fausses promesses et on a même pas honte de violer les textes de lois et agir selon les humeurs et les appartenances politiques. Vous avez vu des magistrats qui sont accusés même d’avoir falsifié des résultats. C’est très grave. Je  pense que les institutions  républicaines doivent prendre de la hauteur et jouer les rôles respectifs qui leur sont consacrés par la constitution guinéenne.  Je rappelle que l’article 22 de la constitution guinéenne stipule que chaque citoyen guinéen à commencer par le Président de la République, a l’obligation de se soumettre à la constitution guinéenne et c’est important  de signaler que c’est une obligation pour un régime qui se dit démocratique d’organiser des élections libres et transparentes.

En parlant de la Commission électorale nationale indépendante, l’institution invite les acteurs politiques à une série de rencontres pour dit-on réexaminer leurs plaintes. Qu’est-ce que tout cela vous inspire ?

La CENI guinéenne fait honte. D’abord une CENI qui donne deux résultats dans une même circonscription. J’aurai voulu aujourd’hui que non seulement  cette CENI soit dissoute mais qu’elle soit assignée en justice et que les institutions judiciaires fassent leurs rôles pour que la culture de sanction soit instaurée pour une première fois. Je veux et je souhaite que les institutions guinéennes se réveillent et qu’elles jouent pleinement  leurs rôles en toute indépendance  et en toute impartialité. Je souhaite que la Commission électorale nationale indépendante actuelle qui veut créer tous les problèmes malgré toutes les crises post-électorales avec leurs conséquences, que cette CENI soit assignée en justice et que les personnes physiques membres de cette CENI soient traduites devant les tribunaux  afin de répondre des forfaitures qu’elles sont en train de commettre et les crises qu’elles sont en train de créer compte tenu de leur manque de responsabilité assumé en toute indépendance.

Pensez-vous que cette invite de la CENI aux acteurs politiques permettra de mettre fin à cette crise postélectorale ?

Nous attendons de voir. Sinon la CENI était là, c’est elle qui a organisé les élections et aujourd’hui toute la scène politique s’accordent à dire qu’il y a eu une fraude électorale massive. Donc si elle-même décide de se remettre en cause tant mieux.

Votre dernier mot …

Mon dernier mot c’est que je veux appeler les autorités guinéennes  à œuvrer pour le respect des droits de l’homme qui constitue le fondement de la paix, de la liberté, du progrès économiques et social de toute nation. Par contre la violation  des droits de l’homme constitue le germe des conflits sociaux politique de toute nation.