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Or, soie et laque: les ornements et atours de la cérémonie impériale nippone

Devenu en mai empereur du Japon après l’abdication de son père Akihito, Naruhito proclame officiellement mardi son accession au trône du Chrysanthème au cours d’une cérémonie somptueuse qui vient sceller en grande pompe la transition. Voici les principaux accessoires et habits d’apparat de cette cérémonie très ritualisée.

. Les trônes impériaux

Dans la « salle des Pins » du palais impérial de Tokyo ont été installés deux trônes, l’un pour l’empereur, appelé « Takamikura » et l’autre, plus petit, pour l’impératrice, connu sous le nom de « Michodai » ou « auguste siège ». Ces deux trônes d’apparence relativement modeste ont été placés sous un baldaquin richement décoré posé sur une estrade.

Faites en bois de cyprès laqué, ces structures ont été transportées démontées à Tokyo depuis Kyoto, l’ancienne capitale impériale.

Le baldaquin de l’empereur comporte des rideaux violets tombant d’un toit octogonal orné de décorations en rinceaux (motifs végétaux) dorés et de sceaux impériaux du Chrysanthème à seize pétales. Aux angles du toit dominent des phoenix d’or et à son sommet un autre de ces oiseaux légendaires, plus grand.

L’estrade rectangulaire du baldaquin est entourée d’une barrière basse rouge surmontant des panneaux aux peintures représentant des animaux légendaires.

L’empereur doit toutefois rester debout tout au long de la cérémonie.

. L’habit de l’empereur

Le nouvel empereur porte à cette occasion un ensemble dit de style « sokutai ». Cette tenue impériale, rarement montrée de nos jours, a pour pièce maîtresse une sorte de volumineuse chasuble en soie de couleur tabac, aux très larges manches et cintrée à la taille.

Cette couleur brun doré est réservée à l’empereur, les autres aristocrates arborant du noir, du rouge, du bleu ou d’autres teintes selon leur rang.

Les habits de la cour impériale comportent souvent des motifs d’oiseaux, considérés dans les temps anciens comme des émissaires divins, et l’habit extérieur de l’empereur est orné d’un phoenix chinois mythologique, symbole de l’avènement de la paix.

Sous cet épais manteau, le souverain porte plusieurs vêtements, en partie visibles.

Au cours de la cérémonie, le souverain et les autres hommes de l’aristocratie tiendront un « shaku » ou sceptre, une étroite planche de bois.

Par le passé, les courtisans y attachaient parfois une « antisèche » pour se remémorer l’enchaînement de la complexe gestuelle à suivre.

Cette planchette est aussi un indicateur de l’état de concentration de celui qui la tient. « Si vous avez la tête ailleurs, les autres s’en apercevront vite car votre +shaku+ va pencher », explique Tomitaro Hashimoto, professeur adjoint de shinto à l’université Reitaku.

Mais le clou de la tenue, c’est le « kanmuri », un couvre-chef noir à simple base plate surmontée d’une crête de 60 cm de hauteur.

. Et pour l’impératrice

La nouvelle impératrice, Masako, portera un habit dénommé « junihitoe », aux multiples couches laissant voir les larges manches et le bas d’un vêtement rouge éclatant sous plusieurs étoffes de diverses longueurs. Les tons des couches supérieures seront vert pâle et lilas, avec des revers violets.

Les cheveux de Masako seront sculptés en une grande vague partant sur les côtés et vers le haut avec une sorte de tiare dorée.

Cette tenue traditionnelle, dont le poids contraint les mouvements, n’est portée que lors de rituels et mariages impériaux.

. Les trésors sacrés

Le passage d’un empereur à un autre est symbolisé le jour de la succession par la transmission des « trois trésors sacrés » plus que millénaires, dont la légende raconte qu’ils ont été confiés à la lignée impériale par la déesse du soleil Amaterasu.

Ces trésors sont « Yata no Kagami », un miroir, « Kusanagi no Tsurugi », un sabre et « Yasakani no Magatama », un joyau non identifié.

Leur possession est considérée comme preuve essentielle de la légitimité de l’empereur, mais il n’en existe pas de photographies et même l’empereur ne peut les voir.

Enveloppées dans du tissu, des répliques de l’épée et du joyau ainsi que des sceaux seront posées sur des bureaux placés de chaque côté du siège de l’empereur durant la cérémonie de la proclamation.


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