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Primaires démocrates: Sanders en pole position, Biden sous pression

Les candidats à la primaire démocrate se retrouvent pour un nouveau débat mardi en Caroline du Sud, quatre jours avant…

Les candidats à la primaire démocrate se retrouvent pour un nouveau débat mardi en Caroline du Sud, quatre jours avant un vote crucial qui offrira à Joe Biden une dernière chance de revenir dans la course et d’enrayer la dynamique victorieuse de Bernie Sanders.

M. Sanders est jusqu’ici le grand vainqueur de ces primaires, après avoir obtenu samedi 46,8% des suffrages dans le Nevada, loin devant l’ancien vice-président américain.

Mais son avance illustre la fracture au sein du parti, entre les partisans du sénateur « socialiste » autoproclamé et les tenants d’un discours jugé plus rassembleur destiné à l’électorat conservateur.

A Charleston, il affrontera six candidats lors de ce dixième rendez-vous avec les téléspectateurs (20H00 locales, 01H00 GMT mercredi): Joe Biden, Michael Bloomberg, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar, Tom Steyer et Elizabeth Warren.

A 78 ans, M. Sanders sera dans le viseur de ses adversaires modérés –Biden, Bloomberg, Buttigieg, Klobuchar– qui devraient de nouveau l’attaquer sur son programme trop radical à leurs yeux, le financement jugé flou d’une assurance santé universelle, ou sur ses récents commentaires sur Fidel Castro.

Dimanche, il a notamment salué le « programme massif d’alphabétisation » lancé par le père de la révolution cubaine, tout en assurant condamner « la nature autoritaire du régime ».

Joe Biden a condamné une « admiration » pour des éléments de la dictature de Castro. Michael Bloomberg a rappelé le « sombre héritage » laissé par le dictateur.

Mais l’élu du Vermont, qui bénéficie d’une armée de militants fidèles, s’est révélé un tribun hors pair depuis le début de la campagne.

« Les idées qui semblaient radicales il y a quatre ans sont devenues en quelque sorte dominantes », a-t-il ainsi affirmé dimanche sur CBS.

Joe Biden joue gros lors de ce débat. L’ex-bras droit de Barack Obama espère faire un bon score en Caroline du Sud, cet Etat où les Noirs représentent plus de la moitié de l’électorat démocrate.

Après deux piteux scores dans l’Iowa et le New Hampshire, l’ancien vice-président âgé de 77 ans a relevé la tête dans le Nevada. Mais il a déçu lors des précédents débats où il s’est présenté comme le seul capable de battre Donald Trump en novembre.

– L’inconnue Steyer –

Son avance de près de quinze points dans les sondages en Caroline du Sud a fondu en quelques semaines et il se retrouve talonné par Bernie Sanders.

« Si vous gagnez la Caroline du Sud de manière décisive, vous préparez le +Super Tuesday+ et vous devenez le grand favori », a pronostiqué dimanche l’influent élu noir Jim Clyburn en référence aux scrutins organisés dans quatorze Etats le 3 mars.

Le milliardaire et philanthrope Tom Steyer, qui s’est illustré lors des récents débats, s’est concentré sur la communauté noire de l’Etat à coups de publicités et de réunions publiques.

Une stratégie qui lui permet de pointer en troisième position des intentions de vote, selon une moyenne réalisée par le site RealClearPolitics.

Derrière, l’ancien maire de South Bend (Indiana) Pete Buttigieg ainsi que les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar sont à la traîne.

M. Buttigieg, 38 ans, est le premier homosexuel à avoir une chance de décrocher l’investiture après de bons scores aux deux premiers scrutins. Mais il manque de soutien au sein des minorités du pays, qui lui reprochent son bilan en matière de discrimination raciale à la mairie et, pour certains électeurs religieux, son orientation sexuelle.

Après une première apparition ratée la semaine dernière, le milliardaire Michael Bloomberg retrouve l’estrade même s’il ne participe pas au vote samedi.

Troisième des sondages nationaux, l’ancien maire de New York, âgé de 78 ans, entrera dans la course lors du « Super Tuesday » après avoir puisé plus que n’importe quel autre candidat à une présidentielle américaine dans sa fortune personnelle pour faire campagne.

M. Bloomberg a déjà mis en garde contre une éventuelle investiture de M. Sanders, une « erreur fatale » qui fera selon lui réélire Donald Trump.

Depuis l’Inde où il est en visite officielle, le président américain s’est aussi invité dans le débat, en assurant lundi que les démocrates ne « laisseront pas gagner » Bernie Sanders.