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RDC: un chef rebelle jugé pour des viols massifs en 2018, Mukwege partie civile

Un chef rebelle poursuivi pour des viols massifs en 2018 dans l’est de la République démocratique du Congo a comparu vendredi dans un procès qui vient de s’ouvrir récemment, avec parmi les parties civiles la Fondation du prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege.

Frédéric Masudi Alimasi, alias Koko-di-Koko, a comparu devant un tribunal militaire à Bukavu aux côtés de deux de ses quatre coaccusés, pour des faits dont l’AFP avait rencontré trois victimes en mars 2018.

Parmi les parties civiles figurent la Fondation Panzi du gynécologue congolais Denis Mukwege, récompensé en 2018 pour son travail en faveur des femmes victimes de violences sexuelles en marge des conflits armés qui déstabilisent les Kivu depuis 25 ans.

Les cinq hommes sont poursuivis pour crimes contre l’humanité, par emprisonnement, viol, torture, disparition forcée, meurtre, réduction en esclavage, ainsi que participation à un mouvement insurrectionnel, selon l’acte d’accusation lu par le greffier.

Dans la nuit du 8 au 9 février 2018, Masudi Alimasi et ses miliciens du groupe armé Raïa Mutomboki sont accusés d’une incursion dans le village de Kabikokole, dans le Sud-Kivu. Ils ont « pris en otage plus d’une centaine de femmes (…) pour les violer l’une après l’autre », soutient la Fondation Panzi.

Moins de deux mois après les faits, à la clinique de Panzi, le témoignage de deux femmes de 19 et 36 ans et d’une fillette de dix ans avaient été recueillis. Celles-ci affirmaient avoir été enlevées à Kabikokole puis violées par les miliciens de Raïa Mutomboki à cette même date.

En avril 2018, la même milice avait été accusée d’avoir commis des exactions similaires dans six autres villages, selon l’accusation et les avocats des parties civiles.

Le tribunal a accédé à la demande des parties civiles de délocaliser les audiences près de deux sites où les crimes ont été commis.

« Dans ce dossier, l’État congolais est incriminé pour avoir failli à son devoir régalien de protéger et sécuriser la population et ses biens », écrit la Fondation Panzi.

Ce procès a été ouvert le 12 septembre, moins de deux ans après les faits, ce qui est relativement rapide.

Le tribunal n’a pas indiqué le lieu et la date de la prochaine audience, ni celle de verdict.


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