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Souleymane Traoré : ‘’je suis l’illustration la plus parfaite du contenu local’’

La 6ème édition du Symposium Mines Guinée a démarré ce mercredi 24 avril, à Conakry. Parmi les partenaires sponsors de ce grand événement figure la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG). Dans un entretien qu’a bien voulu nous accorder, le Directeur général de cette grande compagnie mixte, Souleymane Traoré, explique les raisons de la présence de son entité à cette rencontre.

 Vous participez ce matin à la 6ème édition du symposium Mines Guinée. Parlez-nous de la spécificité de la Compagnie des Bauxites de Guinée par rapport à ce symposium…

Souleymane Traoré : Nous participons à cette 6ème édition du symposium des Mines de Guinée 2019, qui est très importante. Par rapport au thème qu’est synergie Mines et Infrastructures, la CBG est très bien placée pour en parler. Comme je l’ai tout de suite dit dans mon discours de bienvenue, la mutualisation des infrastructures est importante pour permettre à certains projets de se développer. Vous n’êtes pas sans savoir que le coût des infrastructures surtout logistiques d’acheminement est parfois un frein au développement des projets miniers. Donc, on a mis en place quelque chose d’innovant dans la mesure du possible de procéder à la mutualisation de certaines infrastructures. C’est dans ce cadre que le chemin de fer de Boké qui relie le port de Kamsar à la mine de Sangarédi et qui est en opération maintenant depuis 1973, il a été décidé de mutualiser où trois acteurs miniers à savoir la CBG qui est concessionnaire opérateur et la compagnie COBAD de RUSAL et la compagnie GAC vont utiliser le même chemin de fer afin de permettre à ces projets-là de se développer. La CBG est rentrée dans cet accord de bonne foi et comme je le disais tout de suite, on a créé un projet qui consiste à augmenter les capacités de transport ferroviaire. Mais avant même la finition de ce projet, la mutualisation aujourd’hui, c’est une réalité. Puisque depuis un an, la CBG transporte les wagons pour la compagnie COBAD de sa mine à son port de Takessa. Et depuis quelques semaines maintenant, nous faisons de même pour la compagnie GAC. Donc, ce qui veut dire que c’était une initiative très innovante qui a permis le déblocage de deux projets majeurs que sont GAC et la Compagnie COBAD. Et cela se fait avec une certaine ouverture d’esprit, une transparence entre les acteurs et surtout la bonne foi des acteurs, en particulier la CBG qui a accepté de partager une infrastructure qu’elle utilise depuis 1973.

Au mois de décembre dernier, vous avez organisé des journées portes ouvertes à la CBG par rapport à l’extension. Dites-nous à quel niveau vous êtes actuellement ?


Effectivement, vous le savez, dans le plan stratégique l’ambition de doubler notre capacité de production. En plus, comme je le disais tantôt, nous allons commencer les études de préfaisabilité pour une raffinerie d’alumine. On a organisé une porte ouverte pour vous donner un aperçu de là où on était dans la première phase de développement de nos capacités de production et d’exportation qui consistait à passer de 13.5 millions en capacité nominale à 18.5 millions. Aujourd’hui, on est très avancé. Les équipements sont prêts et on est en train de les tester pour les amener à la capacité nominale. Je veux vous dire qu’à date, nous sommes en ligne avec nos prévisions et qu’à fin juin, nous on aura clôturé le projet.

Est-ce que vous tenez compte du contenu local ?

Alors, je suis l’illustration la plus parfaite du contenu local. Je suis Guinéen, je suis né en Guinée, j’ai fait mon primaire, secondaire et lycée en Guinée. J’ai eu l’opportunité d’aller faire les études à l’étranger et j’ai toujours travaillé entre la Guinée et l’étranger. Aujourd’hui, je dirige depuis 2 ans maintenant. J’ai un comité directeur par exemple d’une quinzaine de directeurs dont les 90% sont des Guinéens. Ça, c’est est une première illustration. La plupart de nos prestataires, tout ce qui peut être fait par les prestataires locaux sont mis à la disposition de ces prestataires. Nous avons aujourd’hui des prestataires locaux qui ont des marchés de 5 millions jusqu’à 7 millions de dollars. Tant que la capacité existe, nous privilégions les prestataires locaux. Nous travaillons aussi beaucoup au développement de l’entrepreneuriat local. »

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