Le Président Alpha Condé et les cadres : l’exigence de résultats face à la tentation de la victimisation (Par Tibou Kamara)

Chaque jour, on se rend compte combien il est difficile de faire passer le pays avant tout le monde, de conviancre chacun que son sort personnel importe peu, ou n’importe pas du tout quand l’intèrêt de la Guinée est en jeu, ou le bien-être des Guinéens attend d’être satisfait.

Le Président Alpha Condé a bien résumé la situation en répétant, autant de fois que nécessaire dans un pays oú le “moi haissable” veut continuer à prendre le dessus, qu’on ne peut se résoudre à satisfaire des groupes d’intérêt et d’influence, se plier aux exigences des élites puissantes au détriment des droits et des aspirations légitimes de la majorité des Guinéens, des “sans voix”.

C’est une lutte des « classes » et des « castes » qui dure depuis trop longtemps, aliène les populations et contribue à isoler les élus et affaiblir la Démocratie. Mais, c’est surtout le terreau nourricier de tous les extrémismes, et des dangereux populismes qui laissent croire que la solution aux oligarchies qui se constituent dans les régimes libéraux et démocratiques, c’est l’initiative d’une “révolution citoyenne” prétextant redonner le pouvoir au peuple qui ne peut pourtant pas l’exercer directement, bref, un remède pire que le mal qu’il est censé soigner.

Mais, c’est toujours la faute à des “intellectuels” qui ont l’explication à tout, n’ont la solution à rien, qui préfèrent bercer les populations de l’illusion que tout est possible, que le meilleur est à chercher même s’il n’arrivera jamais, plutôt que d’aider à cultiver la responsabilité face à une vie difficile, à éduquer les citoyens afin qu’ils acceptent et affrontent la réalité. Ils disent défendre le bien, mais, se retrouvent à soutenir le mal ; ils prétendent se préoccuper du peuple pour se donner bonne conscience, mais, en réalité, ils sont affiliés à des lobbys souterrains et prêchent pour des chapelles aux motivations inavouables.

Et lorsqu’il arrive par hasard, ou par accident, qu’ils disposent d’un pouvoir de décision ou accèdent au pouvoir, eux-mêmes sont victimes des illusions qu’ils ont alimentées, de la surenchère qu’ils ont entretenue, de l’imposture qu’ils ont cautionnée. Un retournement de situation fréquent qui ne semble pas avoir instruit ni dissuadé de s’engager dans la démagogie. Et, l’histoire continue à se répeter.

En Guinée, comme ailleurs, on ne s’explique jamais à propos de la nomination à un poste qui est un privilège convoité par beaucoup, qu’on l’assume ou non, mais, on le vit comme une récompense, un mérite, une chance dans la vanité humaine.

A l’inverse, un départ ou un limogeage est vécu comme une injustice, si on ne l’explique pas par une cabale ou la cruauté du “système”. En clair, on est nommé pour soi, déchu à cause d’autres, d’une tribu, d’un clan, d’un système. Alors qu’au même moment, beaucoup, dans les mêmes conditions, face aux mêmes adversités invoquées, accomplissent avec compétence leurs missions et font face aux contraintes et défis de leurs responsabilités. Ne s’agit-il pas donc de se défausser et de distraire l’opinion de ses propres manquements et faiblesses notoires ? Autrement dit, se prévaloir de ses propres turpitudes ? La faute de nos échecs, à qui ?

Chacun devrait savoir qu’on ne peut faire une carrière illimitée dans un poste, ni rester à vie dans ses fonctions. Comme il n’y a pas d’explication au pouvoir discrétionnaire du Président de la République de nommer aux postes civils et militaires, il n’y a pas de raisons ou de justifications à donner lorsqu’il use du même pouvoir pour mettre fin à une fonction ou à limoger d’un poste.

“Quand on naît, on est assez vieux pour mourir”, enseigne le philosophe. Chacun sait aussi que l’exercice du pouvoir ou la fonction d’Etat (et les postes de responsabilité dans l’administration publique), n’étant pas donné ou obtenu par récompense ou pour d’autres raisons irrationnelles ou subjectives, pourquoi serait-ce une punition qu’on puisse en être délesté, voire un acte de trahison et d’ingratitude à l’égard de qui ce soit ?
Ce n’est pas le rôle des médias, si tant est qu’ils se soucient de ce qui est bon pour le pays, d’accompagner les élites dans leurs récriminations destinées à se dédouaner dans les espoirs déçus, ni la vocation des citoyens de pleurer sur le sort de responsables qui montrent leurs limites dans leurs charges ou passent à côté de leurs missions.

Le Professeur Alpha Condé sait ce que son peuple attend de lui, qui est de rétablir la justice dans tout, de garantir l’égalité de chances entre les citoyens, de ne pas hésiter ou reculer quand il s’agit du bonheur et de la prospérité de tout le pays. Personne n’est dupe non plus qu’une telle entreprise, comme toutes celles qui touchent à des intérêts, va bousculer des habitudes, remettre en cause des acquis, et que des certitudes seront raillées, caricaturées, dénigrées par ceux-là même qui l’ont souhaitée sans trop y croire et le vouloir. Mais, comme toujours, le peuple et l’histoire devant lesquels il est comptable, quand ce défi, tous les défis seront relevés lui en seront infiniment gré.

Parmi ces défis, l’ambition que le Président Alpha Condé porte et partage maintenant avec ses compatriotes, et qui fait tant peur à ceux qui voudraient voir la Guinée à la remorque des autres, de faire en sorte que le pays s’impose comme la deuxième économie de l’Afrique de l’ouest, après le géant nigérian.

La Guinée en a le potentiel, son Président le veut, et comme on dit, “vouloir, c’est pouvoir”.
Le chemin dans lequel le Président s’est résolument engagé, est aussi celui de valoriser l’agriculture du pays afin de gagner son pari connu de tous : “produire ce que nous consommons, consommer ce que nous produisons”. Bien au-delà, la Guinée n’est-elle pas considérée comme un « scandale agricole » ? C’est dire qu’elle a vocation, et c’est un autre défi pour le Professeur Alpha Condé, à devenir le grenier de l’Afrique, selon l’heureuse formule (et programme) chère à son ami et allié, le Président de la BAD, “l’Afrique qui nourrit l’Afrique”.

La Guinée, réputée être un scandale géologique dispose, par ailleurs, quasiment de toutes les matières premières pour être dans un proche avenir une grande puissance industrielle.
Pour rendre les hommes et les peuples heureux, il faut le faire sans se poser trop de questions, ni se laisser envahir par des doutes, mais il faut surtout ignorer les préjugés et affronter tous les tabous. Comme on le remarque dans la vie et le voit aussi dans l’histoire. L’homme qui a déjà échoué est celui qui ne veut rien tenter, et croit que tout ce qui est difficile sera toujours impossible.

Tibou Kamara

Droit de manifestation, devoir de mémoire ! (Par Tibou Kamara)

En Démocratie, manifester dans des conditions déterminées, pour des causes louables et avouables, est un droit et une liberté pour le citoyen. En Guinée, un droit qui figure d’ailleurs en bonne place dans la Constitution. 

Cependant, un constat s’impose. D’une manifestation à une autre, ce droit constitutionnel qui est considéré comme un important acquis démocratique, a tendance, du fait de la manière dont il est perçu et exercé par certains, à être dévoyé, à se muer en une véritable menace pour la paix sociale, une permission de se livrer à des actes de défiance à l’encontre des Lois et des institutions de la République : ceux qui appellent à manifester,  semblent avoir leurs raisons et leurs objectifs ; et ceux qui manifestent ont leurs méthodes et utilisent des moyens qui les opposent aux forces de l’ordre, parfois à d’autres citoyens, dans des circonstances et des proportions difficiles pour tous, quelquefois dramatiques.
Il y a eu pourtant des manifestations, par le passé,  sans violences ni victimes, lorsque le climat politique était apaisé, quand un minimum de consensus et de confiance existait entre les acteurs.  Il s’agit, fort malheureusement, de rares épisodes dans le long fleuve tumultueux des manifestations régulièrement violentes, souvent meurtrières qui ont traumatisé les Guinéens lors des émeutes sociales et politiques.
Aussi, les manifestants qui exercent en principe pacifiquement leur droit, ont-ils souvent cédé la place à des émeutiers portés à la violence, prêts  à installer la chienlit et à en découdre coûte que coûte avec ceux qui sont chargés de préserver l’ordre public, de protéger les droits et les libertés des autres citoyens, de tous les citoyens.
Chaque fois qu’il est question de manifestations en Guinée, contrairement à d’autres pays où cela est si courant que c’en est devenu banal, chacun s’attend à des heurts et des violences, les habitants de Conakry notamment éprouvent les pires appréhensions, parce que n’importe qui peut en être une victime – directe ou collatérale -. Avec des scènes de guérilla urbaine qui se soldent fréquemment par des blessés, des destructions de biens publics et privés, et aussi, hélas, par des morts. Il arrive même qu’on enregistre des victimes loin du théâtre des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
La plupart des citoyens interpellés ou victimes, le sont pendant les échauffourées, quelquefois après.
Au fil du temps, au fur et à mesure, certains recouvrent la liberté après une garde à vue, d’autres sont condamnés au terme de leur passage dans le prétoire, parmi ces derniers d’aucuns bénéficient de la grâce présidentielle.
Il est vrai que des opposants au pouvoir, ainsi que leurs soutiens, ne manquent pas, à ces occasions, de jeter l’opprobre sur la justice qu’ils accusent d’être aux ordres. Pourtant, dans le temps de la justice qui n’est évidemment pas du goût de tout le monde, des magistrats assermentés s’attellent à l’application de la loi sans tenir compte des pressions d’où qu’elles puissent venir. Avec l’autorité et la sérénité qui siéent dans le temple de Thémis.
Heureusement, de nombreuses bonnes volontés restent, par ailleurs, mobilisées et attentives à la moindre opportunité susceptible de favoriser le dialogue, de rapprocher les positions des différentes chapelles politiques en vue d’une cohabitation pacifique, à même de garantir une paix durable.
Qui donc aurait intérêt à une reprise de ces manifestations de triste mémoire, avec le risque de faire ressurgir les vieux démons de la violence et du désordre, de créer de nouveaux problèmes,  alors que la solution à d’autres provoqués par les mouvements de rue est aujourd’hui sollicitée et souhaitée par tous ? En tout cas par les Guinéens dans leur grande majorité.
 Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’option de la rue, alors qu’un dialogue inclusif est esquissé, n’a-t-elle pas l’allure d’un saut périlleux ? La solution raisonnable ne serait-elle pas alors de trouver une alternative ?
En attendant que chacun, à la faveur entre autres d’une sensibilisation des militants par leurs leaders, dont c’est la mssion aussi, comprenne que manifester ce n’est pas casser, piller, brûler, encore moins tuer, la reprise éventuelle ou annoncée des manifestations ne peut être l’ultime recours, ni la panacée.
Au contraire, au moment oú la sérénité revient dans le débat public, qu’un dialogue (même discret pour l’instant) est engagé,  que des actes de bonne volonté sont posés afin de renforcer l’unité et la paix dans le pays, et rétablir les ponts entre les acteurs responsables et patriotes, appeler ou penser à manifester semble détonner dans l’ambiance générale de trêve sociale et de paix des braves que le pays vit actuellement. Est-ce donc là une stratégie qui tiendrait compte du contexte social et du rapport de force, surtout au regard de la recomposition  politique en cours ?
Là se pose la question fatidique à laquelle beaucoup de leaders politiques ne semblent pas trouver la bonne réponse : qui de la base ou du sommet du parti décide de la marche à suivre ? Tous semblent dire qu’il faut suivre sa base et qu’il faudrait contenter ses desiderata. Alors, qui maintenant pour la guider, tracer le chemin, mobiliser pour les objectifs ?
Dans l’histoire,  on a toujours entendu parler des leaders qui ont entraîné les autres, jamais de ceux qui suivent  la  voie d’autres ou se laissent prendre à leur piège. Selon la posture du roi de France Philippe VI : “Qui m’aime , me suive”.
A méditer.
Tibou Kamara

Alpha, à l’épreuve des mauvais procès (Par Tibou Kamara)

Des personnes, des groupes de pression politiques et des leaders d’opinion semblent vouloir limiter l’histoire de la Guinée à l’avènement au pouvoir, en 2010, du Président Alpha Condé et aux années de sa Présidence. Alors que depuis l’indépendance de la Guinée en 1958, beaucoup de dirigeants se sont relayés dans l’appareil d’Etat et les rouages de l’administration, et des régimes se sont succédé aussi. 

On aurait pu croire que c’est parce que la personnalité de l’homme et ses prises de positions marquent une rupture, que sa passion de la Guinée supplanterait celle les autres, mais, en réalité, c’est une tentative de sous-estimer ses efforts et minimiser son bilan.

Peine perdue, cependant.  Car la comparaison avec les autres, en soi, rétablit la vérité et la justice, et surtout montre que la Guinée pleure autant ses années de retard qu’elle se console avec l’élan de progrès amorcé. La frustration pour les années perdues, la colère à cause des nombreuses occasions manquées, sont un héritage que le Professeur Alpha Condé tente de solder en forçant la Guinée au progrès, en exhortant le Guinéen au travail pour retrouver la confiance perdue et la fierté oubliée.

Dans ce combat qui oppose les habitudes chroniques du passé au défi de redresser les hommes et de changer la société, l’allié demeure un peuple patient mais pas résigné, l’obstacle permanent reste l’oligarchie politico-administrative sans cesse portée à la démagogie et au clientélisme. Beaucoup de politiques parlent comme s’ils ne sont comptables de rien, ou que s’il leur avait été donné encore d’être aux affaires, ils pourraient faire ce qu’ils n’ont pas été capables de faire, ce qu’ils ont déjà échoué à faire.

C’est comme si le statut actuel d’opposants ou d’adversaires du régime, était une absolution pour tous les crimes ou manquements passés, et un blanc-seing pour bercer le pays d’illusions ou ameuter l’opinion avec des accusations systématiques contre celui qui tient aujourd’hui les rênes du pays.

Puisqu’on aime parler de ce que le Professeur Alpha Condé n’aurait pas fait ou réussi, pour tenter de cacher la forêt de ses réalisations, qu’en a-t-il été avant lui et par le fait de qui ?

De 1958 à 2010, y-a-t-il eu plus de bonheur et de prospérité que ces dix dernières années ? Ayant hérité de tous les travers des régimes successifs, peut-on lui reprocher de chercher à y apporter des solutions pragmatiques et révolutionnaires, même dans un empressement patriotique et l’impatience de réussir ?

Avant lui, qu’a-t-on fait de nos mines tant convoitées par certains et devenues l’obsession d’autres ?  Que valaient-elles ? Qu’ont-elles apporté ? N’a-t-il pas fallu attendre que le Professeur Alpha Condé soit là pour que des barrages hydroélectriques comme Kaleta, Souapiti, longtemps considérés par de nombreux Guinéens comme un pari impossible, voient le jour ? N’en est-il pas de même pour tous les projets et les ambitions portés par un homme qui est en avance sur son temps et sur ses concitoyens ?

Que peut-on attendre de celui qui n’a jamais rien fait, ou est-on légitimé à critiquer celui qui fait mieux que tous, subit les erreurs de tous, qui s’emploie de toutes ses forces à corriger les erreurs de ses prédécesseurs dans un esprit de sacrifice et de don de soi extraordinaires ?

Le Professeur Alpha Condé peut paraître rêver et isolé dans sa vision et ses ambitions dans une société restée trop longtemps figée, avec des concitoyens qui, avant lui, s’étaient résignés à l’ennui des pratiques routinières et avaient fini par s’accommoder de la tyrannie et de la léthargie du ‘’système’’.

Lui, refuse la fatalité de l’échec et la médiocrité de croire à un sort déjà scellé, au progrès possible pour certains peuples et pas pour d’autres, en homme d’histoire et de tous les défis traversant le temps, les préjugés et les épreuves. C’est son destin personnel et celui de la Guinée, maintenant.

Tibou KAMARA

Grève des enseignants : Aboubacar Soumah va-t-il se résigner ?

La crise qui touche le secteur éducatif guinéen depuis trois mois pourrait être définitivement résolue ce lundi 7 janvier 2019.

Il semblerait  que ce ne soit  qu’une question d’heures, le protocole d’accord de sortie de crise pourrait être signé aujourd’hui dans la soirée si l’on en croit au Secrétaire Général de l’USTG,  Abdoulaye Sow, la centrale d’affiliation du SLECG« On est en train d’aller vers notre Conseil pour voir si le schéma (du protocole) est bon avant de le soumettre au Gouvernement », a confié le Secrétaire Général de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée, interrogé par un journaliste d’Africaguinee.  Quelques heures plutôt le  leader du SLECG Aboubacar Soumah  avait annoncé à notre rédaction que le Gouvernement a fait des propositions, sans préciser en détails le contenu de ce protocole d’accord qui pourrait mettre un terme à plusieurs mois de grève.

La signature de ce protocole d’accord va mettre fin à trois mois de crise qui a négativement affecté le système éducatif dans le pays. Il faut dire que les choses se sont vite accélérées depuis ce dimanche. Sous la conduite du Ministre conseiller personnel du Chef de l’Etat Tibou Kamara le fil du dialogue a été très rapidement renoué entre les différents protagonistes de la crise après plusieurs semaines de crispation.