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Tanger, un éden marocain au charme envoûtant

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Tanger, ville où s’embrassent la Méditerranée et l’Océan Atlantique, est surnommée la perle du Détroit de Gibraltar en raison de son cadre de vie féerique, fruit de l’ingéniosité des civilisations arabe et occidentale. Pour s’imposer comme l’une des destinations de choix du Maroc, cette ville a opéré une mue.Le soleil se lève sur la Tanja Marina Bay. Des oiseaux font une halte sur les roches. Située sur l’avenue Mohammed VI, la première marina urbaine (port de plaisance) du Royaume chérifien accueille des visiteurs matinaux.

Pendant que les uns admirent des yachts amarrés sur le quai, les autres pédalent sur des vélos. Une dame, en tenue de sport, se promène sur l’esplanade avec son chien qui s’arrête pour satisfaire un besoin naturel. Une fois que la bête a fini de se soulager, sa maîtresse s’empresse de ramasser les crottes à l’aide d’un sachet plastique.

Ici, la propreté est une obsession. Des techniciens de surface, armés de balais, se relaient tout autour du luxueux endroit pour qu’il garde son statut. Sur la plage contiguë, le sable est passé à la cribleuse sous l’œil vigilant des agents de sécurité.

L’aménagement d’espaces verts hyper colorés attire du monde. En famille, en amoureux ou bien en solitaire, on s’installe à même le gazon pour quelques moments de farniente.

« Tanger s’est métamorphosée pour devenir très moderne grâce notamment à la construction de nombreuses infrastructures », se réjouit une jeune femme venue s’aérer la tête.

Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, la grande ville du nord du Maroc a connu un fulgurant renouveau. En une décennie, des investissements colossaux ont complètement changé son visage.

La ligne à grande vitesse reliant Tanger, Rabat et Casablanca, inaugurée en novembre dernier, en est la meilleure illustration. Grace au Train à Grande Vitesse (TGV), les 250 km séparant Tanger de Rabat, la capitale politique, sont parcourus en 1 heure 20 minutes là où, parti de Tanger, on peut rallier en 2h10 mn la capitale économique, Casablanca, située à 338 km.

A 52 kilomètres du centre-ville, se dresse le complexe portuaire Tanger Med. D’une superficie de 1000 hectares, il regroupe les ports de Tanger Med 1, Tanger Med 2 et le port passagers-rouliers. Édifiée sur le Détroit de Gibraltar, cette gigantesque infrastructure est maintenant « le premier port du continent africain devant Port Saïd sur le Canal de Suez et Durban en Afrique du Sud », a renseigné Fouad Brini, le président de Tanger Med.

Mais Tanger, ce n’est pas que la modernité. Le musée des cultures méditerranéennes est aussi un endroit qui vaut le détour. Niché au cœur de la Kasbah, cet ancien palais construit par Ahmed Ben Ali dont le père Ali Ben Abdellah El Hamani Errifi a chassé les Anglais de Tanger en 1684, abrite une multitude d’objets préhistoriques qui témoignent de la richesse culturelle de Tanger.

Du fait de sa stratégique position géographique, la ville a été occupée entre autres par les Phéniciens, les Carthaginois, les Berbères, les Portugais et les Espagnols. Ce cosmopolitisme a considérablement déteint sur l’architecture de cette cité à la croisée des civilisations.


Dans cette région, au relief parfois très accidenté, la vie s’est aussi organisée sur les collines. Haut perchés, les édifices procurent une vue imprenable. Avec ses venelles, la Médina est un labyrinthe géant où se niche l’une de ses principales adresses : le Café Hafa.

« Le Café a été fondé en 1921. C’est un coin où se retrouvaient des écrivains comme William S. Burroughs et Allen Ginsberg. La population locale, qui le fréquentait traditionnellement, n’était pas dérangée par ces étrangers », a indiqué Rachid Tafersiti, le président de l’Association Al Boughaz.

Ces auteurs, membres de la Beat Generation (mouvement littéraire et artistique né aux États-Unis dans les années 1950), ne tarissaient pas d’éloges sur Tanger. Aujourd’hui encore, des clients de différentes nationalités se rencontrent dans ce cadre idyllique pour boire du thé, de la limonade ou fumer des cigarettes.

M. Tafersiti, auteur de l’ouvrage « Tanger, réalités d’un mythe », est convaincu que le thé servi au Café Hafa est « unique au monde ». Surplombant le littoral, ce lieu de relaxation est aussi fréquenté par des jeunes qui rêvent d’ailleurs, le regard tourné vers l’Europe distante de seulement 14 kilomètres.

L’après-midi, une ribambelle de personnes converge vers la nouvelle marina. Les terrasses des restaurants et cafés, offrant une vue kaléidoscopique sur la baie, sont prises d’assaut. Juste à côté, les baigneurs prennent à leur tour possession de la baie. C’est l’effervescence.

Un vieux de petite taille, harassé à première vue, fait les cent pas. Cet homme aux cheveux blancs et au nez aquilin, n’est pas un Tangérois. « Je suis à la recherche de mon fils. Il a quitté, il y a un an maintenant, la maison familiale pour venir ici. Nous n’avons plus de ses nouvelles. Il souhaitait se rendre en Europe grâce aux embarcations de fortune », a-t-il fait savoir tout de go.

Apparemment résilient cet habitant de Rabat ne se fait guère d’illusions sur le sort de son fils. « Ma femme est tombée malade à cause de la disparition de notre fils. Je lui avais promis de venir à Tanger pour le chercher même si j’ai perdu depuis longtemps tout espoir de le retrouver vivant », a-t-il affirmé.

Les Marocains sont connus pour leur propension à voyager. Selon un recensement de l’Institut national de la statistique espagnol (INE) effectué en 2015, ils seraient 749.274 dans ce pays voisin. Soit 5,9 % des migrants installés en Espagne où ils constituent la première communauté étrangère hors Union Européenne.

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