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Un droit d’auteur minimum de 60 000 Fcfa désormais versé aux artistes en Côte d’Ivoire

Un droit d’auteur minimum garanti de 60 000 Fcfa devra désormais être versé aux artistes en Côte d’Ivoire, a annoncé jeudi à Abidjan le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandama, lors d’une conférence de presse à la Primature.« Sur mes recommandations, le Burida (Bureau ivoirien des droits d’auteurs) ne devra plus payer des droits en dessous du SMIG. Un droit d’auteur minimum garanti de 60 000 Fcfa devra désormais être la plus petite somme à verser à un artiste », a dit M. Maurice Bandama qui s’exprimait à une tribune dénommée « Les Rendez-vous du gouvernement » autour du thème « Promotion de la culture ivoirienne : acquis, défis et perspectives ». Il a indiqué que « la réparation en cours touchera 3 257 artistes, la plus grosse répartition de l’histoire du Burida ».

Malgré la crise qui secoue la structure depuis le deuxième semestre de 2018 et qui a fait perdre « plus de 700 millions Fcfa de droits à répartir, le Burida a déjà payé 582 922 594 Fcfa et actuellement est en train de distribuer 1 095 439 761 Fcfa soit 1 678 362 355 Fcfa au total en 2019 », a-t-il dit.

De 2000 à 2011, soit en 12 ans, le Burida a récolté 4,203 milliards Fcfa avec une répartition effective de 1,366 milliard Fcfa soit en moyenne 113 millions Fcfa par an. Le bureau des droits d’auteur a par ailleurs enregistré « un manque à gagner de 4 milliards Fcfa ».

Au sortir de la crise post-électorale en 2011, les montants recueillis ont connu une plus-value. De 2012 à 2018, le Burida a collecté 7,113 milliards Fcfa avec une répartition de 5,626 milliards Fcfa soit environ 800 millions Fcfa en moyenne par an.

Selon le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandama, le Burida « distribue huit fois plus de droits aux artistes aujourd’hui qu’il y a sept ans ». Et avec les droits liés à la copie privée, les prévisions tablent sur  2 à 3 milliards Fcfa de ressources supplémentaires.

« Nous considérons que quand quelqu’un a 3.000 de Fcfa (de droits d’auteur), ce n’est même pas la peine, c’est qu’il n’a pas produit, il faut attendre qu’il produise afin de lui donner une somme importante », a-t-il souligné.

Pour les distributions en cours des droits d’auteurs visant les 3 257 artistes, « ce sont ceux-là qui auront des droits allant de 60 000 Fcfa à plus de 1 million Fcfa », a précisé M. Bandama, rappelant que les droits d’auteurs sont octroyés tous les trimestres.

M. Bandama qui veut que les artistes puissent avoir de la « dignité », suggère que la rémunération de ce droits soit faite « une fois tous les deux mois et une fois tous les mois» mais « cela ne peut se mettre en œuvre que si nous avons une assiette de perception plus large et que si les recettes s’accroissent».  

Le Burida compte aujourd’hui environ 6 000 membres. « Nous sommes passés progressivement de 100 personnes qui touchaient 1 million au moins  à 200 personnes » et ceux qu’on paie 1 million de Fcfa, on peut mensualiser leurs droits d’auteurs, a-t-il poursuivi.    

La contribution des activités culturelles au Produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’Ivoire s’est établie à 4% en 2018 contre 3,8% en 2017 et 2,43% en 2012. En 2012, une étude indiquait que le Burida pouvait collecter, avec les nouvelles technologies, 10 milliards Fcfa comme recettes par an.  


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