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Un graffiti oppose le fils de Diallo Telli à la fille de Sékou Touré

Graffitis de l'ancien président guinéen Sékou Touré.

Héro pour les uns, tyran pour les autres, le premier président guinéen Ahmed Sékou Touré divise.

Pour Alpha Oumar Telli Diallo cette effigie de Sékou Touré est une « insulte à la Guinée ». Ce n’est peut-être pas la photo elle-même qui dérange. Plutôt l’endroit  de son emplacement. En effet, le pont 8 novembre laisse des souvenirs douloureux chez certains guinéens. C’est là que dans les années « 70 » plusieurs cadres guinéens ont été pendus sous le régime de Sékou Touré. Pour le fils de Diallo Telli, membre de  l‘association  des victimes du Camp Boiro, cette image de Sékou Touré au Pont 8 novembre ne fait pas honneur à la maire de Kaloum, Aminata Touré. «  Quand on a élu Madame Camara Aminata Touré,  moins d’un mois après son installation on voit ce tableau, ce n’est pas à son honneur et ce n’est sûrement pas la voie qu’elle devrait prendre si elle veut être un grand maire et sauver Conakry.  C’est une erreur majeure. Et si ça été fait sans l’aval de la mairie de Kaloum, j’espère qu’elle aura l’intelligence de l’enlever », a martelé Alpha Telli Diallo.

Alpha Telli Diallo a averti qu’on ne construit pas un pays avec la haine. «On construit pas un pays sur la haine. C’est une insulte directe non seulement à ceux qui ont  été pendus, mais aussi  une insulte directe à la Guinée. Sans  Barry III et Diawadou il n’y aurait pas eu d’indépendance. Les guinéens le savent. Pourquoi alors ces provocations inutiles ?  J’espère que le Gouvernement dira d’enlever ça ». Le pont du 8 novembre est le symbole des martyrs où Barry III et trois de ses compagnons ont été pendus en janvier 1971. Dr  Fodé Marega de l’association   des victimes du camp boiro, se dit choqué de voir l’image de ce « sanguinaire » et « assassin » sur ce pont. « Apposer cette effigie de Sékou Touré constitue une insulte à l’histoire de la Guinée et une incitation à la haine entre les guinéens. Il est inadmissible qu’une autorité guinéenne puisse prendre la décision d’autoriser un tel acte ignoble. Au nom de la mémoire de milliers de guinéens exécutés sauvagement sous la 1 ère République, nous exigeons que ce symbole soit protégé par l’Etat» s’insurge Dr  Fodé Marega.


Cette association demande la réparation des préjudices subis et exige la construction des stèles partout où les crimes ont été commis durant le régime de Sékou Touré, notamment au pont 8 novembre et au Camp Boiro. Pendant  26 ans de règne, la Guinée a enregistré 50 mille morts orchestrés par le régime de Sékou Touré, rapporte cette organisation.

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