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Vladimir Poutine veut un sommet exceptionnel des cinq « Grands »

Vladimir Poutine a appelé jeudi à un sommet exceptionnel des dirigeants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU pour répondre aux « défis » sécuritaires contemporains, dans un contexte de tensions Est-Ouest exacerbées.

Cette initiative inédite intervient alors que la Russie a regagné ces 20 dernières années son statut de grande puissance diplomatique, s’imposant comme un acteur incontournable dans de nombreuses crises, qu’il s’agisse de l’Ukraine, de la Syrie, de l’Iran ou de la Libye.

« Un sommet des Etats, qui ont fait le plus pour défaire l’agresseur (nazi) et créer l’ordre mondial d’après-guerre, jouerait un grand rôle dans la recherche de réponses communes aux défis et crises contemporaines », a déclaré le président russe.

S’exprimant lors des commémorations à Jérusalem des 75 ans de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz par l’Armée Rouge et évoquant les « leçons du passé », il a dit être prêt à se réunir avec les dirigeants des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France et de Chine, « quel que soit l’endroit du monde ».

M. Poutine a assuré avoir proposé l’idée à « certains » des dirigeants concernés et avoir « vu une réaction positive », sans plus de précisions.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont « une responsabilité particulière pour sauvegarder la civilisation », a-t-il jugé.

– Conseil paralysé –

La proposition de M. Poutine intervient alors qu’il a noué une relation de confiance avec le dirigeant chinois Xi Jinping et que le président français Emmanuel Macron veut relancer la relation avec Moscou.

Donald Trump a lui souvent loué les qualités de M. Poutine, malgré les tensions entre les deux pays et les accusations d’ingérence russe dans les élections américaines en faveur du milliardaire.

Une récente rencontre entre le président russe et le Premier ministre britannique Boris Johnson a été aussi qualifiée de « constructive » par le Kremlin, évoquant même des « éléments de réconciliation ».

Les tensions russo-britanniques sont néanmoins vives depuis des années, notamment du fait de la tentative d’assassinat en territoire britannique, attribuée à Moscou, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal.

Entre les crises au Moyen-Orient, les tensions Russie-Occident mais aussi les oppositions entre Occidentaux, l’ordre mondial né de l’après-guerre semble toujours plus fragmenté.

Le Conseil de sécurité apparaît lui souvent paralysé, alors que la Russie et la Chine d’un côté et les Occidentaux de l’autre s’opposent sur les conflits les plus graves.

Les cinq puissances vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et détentrices de l’arme atomique disposent d’un droit de véto dans l’organe phare de l’ONU.

– Avoir le « courage » –

Jeudi à Jérusalem, M. Poutine a appelé la communauté internationale à avoir le « courage » de « tout faire pour défendre et préserver la paix ».

La tenue d’un tel sommet dès 2020 serait « importante et symbolique » au moment où le monde marque les 75 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale, a-t-il dit.

Vladimir Poutine prévoit de grandes festivités à Moscou le 9 mai pour célébrer la victoire des Alliés contre l’Allemagne nazie, en présence de nombreux dirigeants étrangers.

Dans son discours, le chef de l’Etat russe n’a pas dressé de liste spécifique des dossiers qu’il souhaite aborder avec ses collègues lors de cet éventuel sommet.

Il n’a fait référence directement qu’à la Libye, en raison de la tenue dimanche dernier à Berlin d’une conférence sur le conflit dans ce pays.

La Russie a été exclue du G8, l’un des principaux formats de négociations multilatérales, après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.

Celui-ci se réunit désormais en G7 -Etats-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon-, comme du temps de la Guerre froide.

La Russie est également la cible de nombreuses sanctions européennes et américaines en raison du conflit en Ukraine, où Moscou est accusé de soutenir des séparatistes prorusses dans l’est du pays.


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